Une chanson retentit devant le siège de l'association SATO à Brest, où une trentaine de manifestants expriment leur solidarité envers les 44 salariés menacés par la fermeture imminente de deux chantiers d'insertion. Ces chantiers, localisés à Guipavas et Quimper, se chargent de collecter, détruire et recycler les papiers et cartons d'entreprises et d'administrations. La situation est d'autant plus alarmante que la direction n'a pas encore communiqué de date de fermeture précise.
Basile, salarié en insertion depuis un an et demi, s'insurge face à ce qu'il décrit comme une communication déplorable de la part de la direction. "On ne sait rien. On se sent insignifiants à leurs yeux et cela fait mal,” déclare-t-il. Le mécontentement est palpable, et beaucoup pointent du doigt une gestion interne jugée irresponsable, notamment des embauches récentes au sein des bureaux alors que les chantiers peinent à survivre.
Pour l'association SATO Relais, qui emploie près de 140 personnes, cette phase de réorganisation est une nécessité afin de maintenir ses activités sociales. Pourtant, de nombreux employés persistent à affirmer que les fermetures envisagées sont des décisions basées sur des indices de rentabilité plutôt que sur un réel souci social. "Notre mission n'est pas de faire des profits, mais d'aider ceux qui en ont besoin,” soutient une déléguée syndicale.
Des déficits financiers inquiétants
Les manifestants reconnaissent l'existence de problèmes financiers, mais une déléguée syndicale fait remarquer que la direction semble privilégier la fermeture de ces chantiers pour vendre des biens immobiliers, potentiellement lucratifs. "Ils parlent de fermer des locaux pour renflouer les caisses de l'association, alors que nous avons des clients qui ont des besoins," explique-t-elle.
"On ne parle plus de social, on parle de gros sous," s'indigne-t-elle. Les retombées financières de cette décision risquent de condamner les salariés à retourner au chômage. Des inquiétudes qui se matérialisent d'autant plus que les fermetures des chantiers sont envisagées malgré un carnet de commandes bien rempli, incluant des clients de taille comme la préfecture ou le conseil départemental.
La situation désastreuse des chantiers
SATO Relais justifie ses mesures en avançant une crise durable du secteur, une affirmation contestée par les salariés. "Nous traitons les papiers dignement et de manière confidentielle, et nous sommes encore loin de la numérisation à grande échelle," insiste la déléguée syndicale. Alors que certains employés ont déjà été proposés à des réinsertions partielles ou à des reclassements, les manifestants demandent un appel à la recherche de nouveaux acteurs pouvant reprendre les chantiers.
Les jours à venir s’annoncent cruciaux pour l’avenir de ces deux chantiers et pour l’avenir de leurs salariés, prêts à tout pour défendre leur droit au travail et leur dignité.







