À l'approche des élections municipales, le sujet du narcotrafic s'impose comme un thème central des campagnes, les candidats de tous bords rivalisant d'engagements pour garantir la sécurité des citoyens. Ce phénomène ne se limite plus aux grandes métropoles, mais s'étend à des villes de taille moyenne, modifiant le paysage électoral.
À Clermont-Ferrand, par exemple, la droite s'est emparée de cette problématique, espérant un regain de pouvoir face à la gauche. Julien Bony, candidat des Républicains, a promis d'augmenter l'effectif des policiers municipaux de manière significative, soutenant que des agents armés sont essentiels dans un contexte où « la violence augmente » face aux trafiquants, qui ne semblent faire aucune distinction entre les forces de l'ordre.
Le maire socialiste sortant, Olivier Bianchi, défend également son bilan, ayant porté le nombre de policiers de 40 à 70 depuis 2014, mais prône davantage d'enquêteurs et de moyens pour le système judiciaire, arguant que ces éléments sont cruciaux pour une approche efficace contre le narcotrafic.
Dans le sud, à Bordeaux, une fusillade récente a, elle aussi, relancé le débat sur la sécurité, certains candidats de droite appelant à l'augmentation des effectifs policiers et à leur armement. Plus au nord, à Brest, un changement de cap a été opéré par le maire PS, François Cuillandre, qui s'est engagé à créer une police municipale s'il est réélu.
Pour une réponse collective face au narcotrafic
Le militant écologiste et expert en politiques antidrogue, Amine Kessaci, estime que « la question du narcotrafic doit être la réponse numéro une dans les programmes ». À seulement 22 ans, et après avoir perdu ses deux frères dans des violences liées au trafic, il plaide pour une action renforcée des maires contre ce fléau. De même, Jérôme Durain, ancien sénateur, alerte sur l'absence de « zones blanches » en France, soulignant l’urgence d’un engagement politique fort.
Face à ce défi grandissant, des voix s'élèvent aussi pour appeler les candidats à la vigilance quant au financement de leur campagne, en raison des risques de corruption liés à la criminalité. Christian Charpy, président de la Commission nationale des comptes de campagne, appelle les élus à appliquer des règles strictes et à protéger l'intégrité des institutions locales.
Le débat autour des mesures à prendre face au narcotrafic est complexe. Les villes, de Lyon à Besançon, doivent faire face à des défis uniques, et chaque candidat a sa propre perspective sur les solutions à apporter, allant de l'augmentation des caméras de surveillance à des initiatives communautaires pour traiter les racines du problème. Anne Vignot, la maire écologiste sortante de Besançon, souligne que la lutte contre le trafic ne se limite pas à une simple question de sécurité matérielle, mais nécessite une approche sociale et préventive efficace.
Alors que cette campagne se poursuit, il est clair que le narcotrafic, loin d'être un problème isolé, est désormais au cœur des préoccupations des citoyens et des responsables politiques, posant un défi de taille pour les prochaines élections.







