Propulsé par la pandémie, le paiement sans contact continue de croître, même si la circulation des espèces reste élevée. Les avis divergent : le virus va-t-il faire disparaître le cash ?
Durant la crise sanitaire, des recommandations émises par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont encouragé l'utilisation des paiements sans contact pour des raisons d'hygiène. Avec le déconfinement, les retraits d'espèces aux distributeurs automatiques montrent une légère reprise, observée par Julien Lasalle, responsable à la Banque de France, qui mentionne une remontée significative depuis mi-juillet. Cependant, l'usage global des espèces demeure en retrait comparé à la période pré-COVID, mais cela évolue lentement.
Une dynamique de croissance impressionnante
Selon Julien Lasalle, le paiement sans contact a été le grand gagnant du déconfinement. Le relèvement du plafond de 30 à 50 euros le 11 mai a favorisé cette adoption. En un mois, plus d'un tiers des paiements de proximité entre 30 et 50 euros ont été effectués sans contact. Entre juillet 2019 et juillet 2020, les paiements sans contact ont connu une hausse de +120 % en valeur et +60 % en nombre de transactions, un succès motivé par l'accès accru offert à cette méthode, puisque 90 % des porteurs de cartes bancaires en bénéficient.
Vers une société sans espèces ?
Des experts nuancent cette évolution, affirmant que le cash n'est pas près de disparaître. Christophe Baud-Berthier précise qu'il y a certes une diminution des paiements en espèces, mais pas leur disparition totale. Le montant moyen des paiements en liquide s'élevait à 8 euros. La hausse du plafond des paiements sans contact n’empiète donc pas sérieusement sur les transactions en cash.
Le volume d'espèces en circulation reste élevé, selon Marc Schwartz, PDG de la Monnaie de Paris. Il note que les espèces conservent leur rôle en tant que valeur refuge, semblable à l'or, attirant ceux qui recherchent une option d'épargne durant les crises. Le cas de la Suède est cité en exemple, où la loi impose aux banques de garantir l'accès à des liquidités suffisantes. Marc Schwartz souligne l'importance de la liberté de choix dans les moyens de paiement, essentielle pour maintenir la confiance dans une monnaie.







