Un fait troublant a émergé dans le sillage du procès en appel du Rassemblement National (RN), alors qu'une magistrate française a révélé avoir été approchée par deux émissaires américains. Selon son témoignage, ces diplomates ont manifesté un intérêt particulier pour les implications judiciaires affectant Marine Le Pen, la présidente du RN, dans un contexte qu'ils ont décrit comme potentiellement en proie à une « manipulation du débat public français ».
Magali Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), a révélé lors d'un entretien accordé à l'Agence France-Presse (AFP) que les émissaires, Samuel Samson et Christopher Anderson, souhaitaient explorer des éléments pouvant renforcer une hypothèse selon laquelle le procès de Le Pen pourrait être le fruit d'une ingérence politique.
Au cours d'une rencontre qui a eu lieu le 28 mai 2025, les deux représentants du département d’État américain ont exprimé leur conviction que le procès était dirigé contre Le Pen pour des raisons purement politiques, cherchant à la disqualifier pour les élections présidentielles à venir. Cette démarche a suscité chez Lafourcade un malaise évident. Elle a précisé : « J’étais à ce moment-là très gênée parce que je trouvais que cette conversation n’avait pas lieu d’être avec des alliés ».
Les commentaires de Lafourcade s'inscrivent dans un contexte où la magistrature française se trouve sous pression, surtout après que des menaces de sanctions américaines contre des juges impliqués dans le dossier ont été signalées, suscitant des inquiétudes quant à une potentielle ingérence dans le système judiciaire français. Le président du tribunal judiciaire de Paris a même qualifié cette situation d'« ingérence intolérable ».
Le climat politique autour de Marine Le Pen et du RN est par ailleurs exacerbé par des soutiens provenant de figures américaines influentes, notamment l'ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, qui a déclaré ouvertement son souhait de voir la dirigeante d'extrême droite gagner les élections présidentielles françaises de 2027.
A travers cette situation complexe, les alliés européens de l'Amérique commencent à s'interroger sur les motivations derrière cette immixtion. Des experts, comme le politologue français Jean-Yves Camus, signalent que cela témoigne d’un intérêt croissant pour l'extrême droite européenne et de ses ramifications potentielles sur le projet européen dans son ensemble.
Cette affaire met en lumière les tensions entre le respect de la souveraineté judiciaire et l'interventionnisme dans des affaires politiques étranges, un débat qui mérite réflexion non seulement en France mais aussi à l'échelle européenne.







