Lors de la séance de questions au gouvernement du 20 janvier dernier, Mickaël Bouloux, député socialiste d'Ille-et-Vilaine, a exprimé son mécontentement face à la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu de suspendre toutes les mesures liées à la politique de l'eau. Selon lui, cette initiative compromet le travail réalisé par la Commission locale de l’eau, engagée depuis trois ans dans la révision des règles applicables au bassin-versant de la Vilaine.
« Votre moratoire sur l'eau n'est pas une simple pause, c'est un renoncement », a déclaré le député. Face à la colère des agriculteurs, il accuse le gouvernement de privilégier des solutions à court terme qui nuisent à la protection de l'environnement. Il insiste sur le fait que « sacrifier nos ressources en eau ne sauvera pas nos exploitations agricoles », qualifiant cette approche de « logistique mortifère ».
En marge de cette intervention, Bouloux a aussi mentionné une manifestation massive à Rennes, où des milliers de citoyens ont exprimé leur préoccupation concernant la qualité de l'eau et l'usage des pesticides. « Ce n'est pas de l’idéologie, c'est un cri sur la santé publique », a-t-il ajouté, illustrant l'urgence de la situation. Il a également condamné la réponse évasive apportée par le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, déclarant : « On ne protège pas l'eau en noyant la démocratie. »
Cette position est corroborée par des experts du domaine. Selon Marc Dumont, hydrologue à l'Université de Rennes, « l'inaction du gouvernement risque d'aggraver les problèmes d'accès à l'eau de qualité, déjà en crise dans plusieurs régions. » La politique actuelle, jugée trop favorable aux intérêts agricoles à court terme, pourrait avoir des effets désastreux sur l'écosystème local.
La tension monte donc entre les priorités économiques immédiates et la nécessité d'une gestion durable des ressources naturelles. La question de l'eau en Bretagne appelle à une réflexion approfondie et à des actions concrètes, loin des promesses vagues qui suffisent à peine à apaiser les esprits.







