L'ancienne ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, s'exprime sur les critiques à l'égard du gouvernement liées à la gestion de la crise climatique, en particulier sur la rénovation énergétique des écoles, alors que les vagues de chaleur se font de plus en plus ressentir.
Sonia Chironi : Les journalistes font face à des insultes sur les réseaux sociaux pour avoir signalé des alertes météo, qu'en pensez-vous ?
Agnès Pannier-Runacher : Ce phénomène fait écho à un discours populiste grandissant, partagé par de nombreux pays, dont les États-Unis. Bien que la France ne soit pas aussi climatosceptique qu'ailleurs, ces attaques violentes envers les scientifiques qui tentent d'expliquer le dérèglement climatique sont préoccupantes. Lorsque j'étais ministre, j'ai également été témoin d'agressions envers des prévisionnistes de Météo-France. Il est crucial de rester ancré dans la réalité des phénomènes extrêmes, et j'apporte mon soutien à ceux qui œuvrent pour la vérité scientifique. Plutôt que de céder à la peur, il nous faut avancer avec un plan d'adaptation au changement climatique clairement défini.
Nathalie Saint-Cricq : Face aux épisodes de chaleur exceptionnels, le gouvernement a-t-il bien anticipé ?
Agnès Pannier-Runacher souligne qu'il est simpliste de reprocher au gouvernement la chaleur ou le froid. Elle rappelle que les événements climatiques extrêmes, tels que les vagues de chaleur, sont désormais une réalité à laquelle nous devons nous adapter. Sous son mandat et celui de ses successeurs, des efforts significatifs ont été réalisés ; les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 25 % en huit ans, un résultat supérieur à ceux des mandats précédents. Il est essentiel de s’attaquer aux causes et de s’adapter à ces nouvelles réalités. Concernant la rénovation des écoles, 6 500 établissements ont été rénovés grâce à des fonds de la Caisse des dépôts, ce qui représente un rythme appréciable malgré les critiques sur le manque de moyens.
Nathalie Saint-Cricq : Mais cela reste insuffisant comparé aux besoins !
Agnès Pannier-Runacher répond que la question ne se limite pas à un manque de fonds, mais concerne aussi l'organisation des travaux. Les élus locaux doivent structurer ces projets, et la réalité montre qu'il est difficile de trouver suffisamment d'artisans capables de mener à bien ces rénovations dans les délais impartis. Elle insiste sur le fait que la gestion des budgets de rénovation scolaire repose sur les collectivités locales, qui, en période préélectorale, peuvent ralentir les projets pour les relancer plus tard.
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