Le 9 mai, le président français a signé une législation tant attendue qui facilite la restitution des œuvres culturelles pillées durant la colonisation. Cette initiative est saluée non seulement en France, mais aussi par des pays comme la Chine, qui a exprimé son soutien.
La législation stipule que le gouvernement peut déclarer la "sortie du domaine public" d'une œuvre par un simple décret, sans devoir engager une loi spécifique pour chaque objet concerné. Cependant, si le bien appartient à une entité publique distincte de l'État, son retrait du domaine public nécessite un accord de cette entité.
Un cadre temporel précis pour les restitutions
Il est important de noter que cette loi ne s'applique qu'aux objets acquis entre 1815 et 1972, une période marquée par les expéditions coloniales françaises.
Ce projet de loi a été une promesse faite par Emmanuel Macron en 2017 lors d'une visite à Ouagadougou. Le président a alors exprimé le souhait d'initier "une nouvelle page" dans les relations entre la France et ses anciennes colonies.
Une demande persistante
Les appels à la restitution des œuvres pillées par la France, en particulier en Afrique, sont anciens et nombreux. Cependant, ces demandes ont été freinées par le principe d'inaliénabilité des collections publiques en France, exigent la création de lois spécifiques pour chaque épisode, ce qui a souvent entraîné des blocages administratifs.
La France a pourtant commencé à avancer sur cette question, ayant restitué symboliquement 26 trésors d'Abomey au Bénin et le sabre d'El Hadj Omar au Sénégal en 2020. En 2026, un tambour ivoirien a également été restitué après cinq années d'attente, illustrant la lenteur d’un processus qui, pour de nombreux pays, reste essentiel pour redresser des injustices historiques.
Ce nouveau cadre législatif est perçu comme une avancée significative, permettant une gestion plus efficace des demandes de restitution, et le renforcement des partenariats avec les nations africaines se profile à l'horizon.







