Le retour de l'ambassadeur français en Algérie, Stéphane Romatet, et la visite de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, marquent une étape significative dans le processus de réchauffement des relations entre les deux nations. L'Elysée a récemment souligné que la libération de Christophe Gleizes, un ressortissant français détenu en Algérie, est désormais une priorité absolue.
Le 8 mai 2026, à Sétif, deux ministres ont déposé des gerbes devant la stèle de Bouzid Saâl, une figure emblématique des manifestations anticoloniales de 1945. Cette date et ce lieu, chargés d'histoire, illustrent la volonté de reconnaître les souffrances passées. Ainsi, Alice Rufo a insisté sur l'importance de voir l'histoire avec honnêteté et respect mutuel, déclarant à l'AFP : “Il faut regarder l'histoire telle qu'elle a été, dans sa vérité”. Dans un communiqué, l'Elysée a également noté que “la lucidité avec laquelle la France regarde l'histoire doit ouvrir la voie à des relations plus confiantes pour l'avenir”.
Une relation toujours fragile
Malgré ces nouvelles initiatives, le dégel entre Paris et Alger reste délicat, d'autant plus qu'il contraste avec l'angoisse qui prévalait il y a deux ans. Ce climat de tension avait atteint son apogée à l'été 2024, lorsque le soutien de Macron au plan marocain pour le Sahara occidental a été considéré par l'Algérie comme un affront. Ce soutien a jeté une ombre sur un équilibre délicat entretenu par la France concernant cette question sensible, où un conflit oppose le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario.
Les relations se sont détériorées davantage avec l'arrestation de l'écrivain Boualem Sansal en novembre 2024 et l'examen judiciaire d'un agent consulaire algérien en France. Des événements qui avaient exacerbé les tensions déjà existantes. En réponse à l'expulsion de plusieurs agents de l'ambassade française, Emmanuel Macron avait rappelé Stéphane Romatet pour consultations.
Les propos de Bruno Retailleau, alors ministre français de l'Intérieur, ont également exacerbé le climat, accusant l’Algérie de refuser la réadmission de certains de ses ressortissants en France. Cela a contribué à un climat tendu, avec Retailleau lui-même devenant un symbole des frictions entre les deux pays.
Christophe Gleizes, nouvel obstacle à l'apaisement
Le changement de gouvernement, avec la nomination de Laurent Nuñez, a permis d'apaiser les relations. Nuñez a choisi de privilégier un dialogue mesuré avec les autorités algériennes. Sa visite à Alger en février 2026 démontre un engagement fort à relever les défis diplomatiques. D'ailleurs, la libération de Boualem Sansal, qui est rentrée en France après avoir été gracié par le président algérien, a créé un précédent encourageant.
Alors que les deux pays entament ce tournant délicat, les observateurs et experts restent attentifs aux évolutions futures. La volonté de Paris et d'Alger de rétablir une communication franche peut être un signe d'espoir pour une réconciliation durable, selon les analyses de plusieurs experts du domaine.







