Serge et la mémoire : un antifascisme ancré dans le quotidien

À travers Serge, la lutte contre le racisme trouve ses racines dans la mémoire.
Serge et la mémoire : un antifascisme ancré dans le quotidien
Depuis 2014 Serge est président du comité local de l’amicale de Châteaubriant, une association nationale qui œuvre à défendre la mémoire des internés du camp de Choisel.

Dans son ouvrage « L’antifascisme, l’affaire de toutes et de tous », Juliette Rousseau a dressé le portrait de six femmes et hommes engagés à combattre le fascisme et le racisme au quotidien. Ces récits soulignent l'importance de la solidarité dans un contexte où l'Histoire est souvent utilisée de manière opportuniste.

À l'heure où le souvenir de la Seconde Guerre mondiale résonne à travers les âges, il est crucial de ne pas laisser ce passé devenir une simple toile de fond. La mémoire devrait plutôt servir de force collective d’autodéfense contre les dérives contemporaines, comme l'indique l'historien Michel Onfray.

Serge incarne cette transmission. Tout petit, il absorbe les récits de son grand-père René, ouvrier à la Fonderie Huard, connue pour sa production agricole. René, cégétiste et résistant, est un pilier du mouvement antifasciste à Châteaubriant. Lui et ses collègues ont orchestré des évasions d’internés, prenant des risques au péril de leur vie. Ce lieu a vu des atrocités, comme l’exécution de Guy Môquet et de ses camarades par les nazis, souvent en raison de la complicité du régime de Vichy.

Aujourd'hui, la mémoire des fusillés est préservée par une commémoration qui attire jusqu'à quinze mille personnes chaque année. Serge, en tant que président du comité local de l'amicale de Châteaubriant, est impliqué dans cette tradition, et il mène également des initiatives éducatives pour sensibiliser les plus jeunes.

« La mémoire est un terrain de bataille », affirme-t-il. Les silences autour de certains événements, comme les rafles de familles juives, et les violences racistes passées ne devraient pas être négligés. Serge s'inquiète de l'évolution de la société et de la banalisation des discours racistes, même parmi certains syndicalistes.

Pour lutter contre cela, il cherche à ancrer la mémoire dans l’espace public et à encourager la nouvelle génération à se souvenir. Il préserve avec soin les archives familiales ainsi que celles de l'Union Locale, qu'il prévoie de déposer au Centre d'Histoire du Travail à Nantes. Car le véritable travail de mémoire consiste à transmettre, à ne pas oublier et à se battre pour un avenir meilleur.

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