Alors que l'Assemblée nationale s'apprête à étudier une proposition de loi, la remise en question de l'intégration de l'Alsace dans le Grand Est provoque de vives réactions.
Dix ans après le redécoupage territorial souhaité sous François Hollande, l'idée d'une Alsace autonome réveille des tensions politiques. La proposition de loi, qui sera bientôt examinée, pourrait bouleverser la structure régionale et a déjà suscité l'indignation de plusieurs exécutifs régionaux.
Dans une tribune publiée par La Tribune Dimanche, dix présidents de région expriment leur désaccord concernant l'initiative visant à former une "collectivité unique" d’Alsace, qui signifierait pour eux un retrait implicite de la région Grand Est. Parmi les opposants figurent des figures politiques de premier plan comme Carole Delga et Valérie Pécresse.
"Le 7 avril, l’Assemblée nationale examinera une proposition de loi pour créer une 'collectivité unique' d’Alsace qui signifierait de facto une sortie de la région Grand Est," préviennent-ils, qualifiant ce projet de "faute institutionnelle, politique et historique".
le vivre-ensemble national en péril
Portée par le groupe Ensemble pour la République, cette proposition intervient à un moment où d’autres défis, qu'ils soient économiques ou sociaux, devraient être prioritaires. Les élus soulignent, comme le rapporte 20 Minutes, l'irresponsabilité d'aborder une réorganisation alors que la France fait face à des crises majeures. Ils s'inquiètent que des motifs clientélistes mènent à une nouvelle agitation autour des frontières territoriales.
De surcroît, les signataires mettent en garde contre des implications plus larges. Une telle initiative pourrait encourager d'autres régions à revendiquer leur autonomie. "Ce texte, s'il devient loi, pourrait inciter chaque lobby local à demander indépendance et séparation," notent-ils. Au moment où, disent-ils, le vivre-ensemble national est en danger, ils préconisent de rassembler plutôt que de diviser.







