"On exige des maires noirs pour combattre la peste brune" : ce samedi, à Saint-Denis, des milliers de personnes se sont rassemblées pour exprimer leur solidarité envers Bally Bagayoko, le nouveau maire de La France insoumise. Ce rassemblement revêt une importance nationale, alors que les discussions autour de la discrimination raciale prennent une ampleur sans précédent.
La place devant l'Hôtel de ville vibrait d'une énergie collective, rythmée par la musique et animée par des syndicats et associations engagés. Parmi les personnalités politiques présentes, on trouvait des figures emblématiques de la gauche comme Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou, ainsi qu'une délégation du Parti socialiste.
"Nous sommes ici pour réaffirmer notre profond attachement aux valeurs républicaines, qui doivent protéger toutes les communautés", a déclaré Bally Bagayoko face à une foule compacte, dénonçant les institutions qu'il considère comme défaillantes et parfois complices des discriminations qu'il subit depuis son élection le 15 mars.
Jean-Luc Mélenchon a pris la parole pour critiquer une "vague de racisme écœurante" alimentée par des élites politico-médiatiques, qui, selon lui, méprisent une partie de la population française. Sarah, une élève avocate de 26 ans, a partagé son indignation face aux attaques qu’a subies Bagayoko, soulignant l’hypocrisie des critiques venant d’autres partis politiques.
Des slogans audacieux, tels que "On veut plein de maires noirs contre la peste brune", ont résonné parmi les manifestants. Kantéba Camara-Sissoko, une auxiliaire de puériculture de 55 ans, a exprimé son indignation face aux commentaires dégradants évoquant le nouveau maire et a salué ce rassemblement comme une source de réconfort.
Interrogé sur l'absence de représentants gouvernementaux, Bagayoko a souligné que la ministre déléguée à la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, aurait dû être présente. Bien que Bergé ait exprimé son soutien par téléphone, le message du ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, indiquant que les ministres ne devraient pas se rendre aux manifestations, n’a pas apaisé les esprits.
Bally Bagayoko a dénoncé l'absence de réponse de l'Élysée sur ces questions cruciales de racisme. Le maire avait initialement lancé l'appel à cette mobilisation le 29 mars, en réaction à des incidents polémiques relayés par la chaîne CNews.
CNews a depuis contesté les allégations de racisme à son encontre, affirmant que des propos avaient été déformés sur les réseaux sociaux, contribuant à une polémique sans fondement. À la suite des déclarations faites en direct, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "injure publique" contre l'origine et l'ethnie.
Alors que la situation continue d'évoluer, Bally Bagayoko espère que la lutte contre le racisme et les discriminations sera un effort collectif, impliquant tous les acteurs de la société française.







