Capgemini, entreprise française de services digitaux, a récemment conclu des contrats en collaboration avec l'ICE, la célèbre police anti-immigration des États-Unis. Son objectif? Aider à l'identification et à la localisation des migrants, avec des enjeux financiers considérables.
L'ICE, connu pour ses interventions souvent décriées, est devenue emblématique de la présidence de Donald Trump. Selon enquête de L'Œil du 20 heures, Capgemini a développé des outils informatiques pour cette agence. L'entreprise, fleurons du CAC 40, emploie 350 000 personnes à travers le monde, y compris une filiale près de Washington.
Historique de l'engagement de Capgemini avec des agences gouvernementales, il convient de mentionner des collaborations passées avec le ministère de la Santé et le département de la Sécurité intérieure. Récemment, l'entreprise a répondu à un appel d'offres crucial de l'ICE pour du "skip-tracing", une méthode d'identification des étrangers. Des informations prélevées sur les bases de données publiques montrent que Capgemini pourrait empocher jusqu'à 365 millions de dollars, via un système de bonus basé sur le nombre de localisations réussies des migrants.
Des zones de flou qui persistent
Il y a peu, le groupe mentionnait sur son site sa volonté de contribuer à "réduire les délais et les coûts d'expulsion des étrangers illégaux aux États-Unis." Toutefois, cet article a rapidement disparu, soulevant des interrogations sur le désir de Capgemini de continuer à travailler avec l'ICE. L'Observatoire des multinationales a révélée cette suppression. Pour leur part, les représentants de Capgemini ont exprimé leur impossibilité d'accéder à des détails sur les contrats classifiés, affirmant que cela était dicté par les réglementations américaines. Malgré cette opaque gestion des contrats, l'entreprise a annoncé qu'elle examinerait cela de plus près.
Les critiques ne manquent pas, des experts en droits de l'homme soulignant que cette coopération soulève des questions éthiques et morales sur le rôle des multinationales dans les politiques migratoires. Comme le rappelle un chercheur de l'Université de Paris, "la technologie ne devrait jamais faciliter des pratiques dont l'humanité se détourne". Ce partenariat entre Capgemini et l'ICE continue de soulever de vives controverses.







