Le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, a vivement critiqué Donald Trump, l'accusant de vouloir établir une "nouvelle ONU" où il serait le seul maître. Intervenant lors d'un rassemblement du Mouvement des sans-terre à Salvador de Bahia, Lula a exprimé ses préoccupations face à ce qu'il considère comme une menace au multilatéralisme. "Au lieu de chercher à réformer l'ONU, il désire créer une organisation qui serait entièrement sous son contrôle", a-t-il déclaré.
"Le président Trump propose de créer une nouvelle ONU dont il serait le seul maître".
Le "Conseil de paix", présenté par Trump au Forum économique mondial, a pour but de résoudre des conflits à l'échelle mondiale, mais Lula insiste sur le fait que ce projet pourrait miner la valeur des Nations unies. Le président américain a récemment invité plusieurs dirigeants, y compris Lula, à rejoindre ce nouveau conseil, mais Lula n'a pas encore répondu à cette invitation.
Une vision multilatérale en péril
Dans son discours, Lula a affirmé que son objectif était de défendre le principe de multilatéralisme, s'opposant fortement à un unilatéralisme qu'il considère comme dangereux. La veille, il a discuté avec le président chinois Xi Jinping, qui a également affirmé sa volonté de soutenir le rôle central de l'ONU. "Nous devons nous unir pour défendre les valeurs de coopération et de dialogue entre les nations", a-t-il ajouté.
Dégradation de la Charte de l'ONU
Lula a souligné combien il est préoccupé par ce qu'il perçoit comme une dégradation de la Charte de l'ONU, indiquant qu'il a passé une semaine à contacter des leaders mondiaux pour discuter des menaces pesant sur ce système. Parmi ses interlocuteurs figurent le président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi, ainsi que sa homologuée mexicaine Claudia Sheinbaum.
Il a critiqué les récentes actions de Trump concernant la reconstruction de Gaza, disant : "Ils ont tué plus de 70.000 personnes pour maintenant dire qu'ils vont reconstruire Gaza et y créer des hôtels de luxe".
La Maison Blanche avait récemment annoncé son intention de construire un "Conseil de paix" comme partie intégrante d'un plan pour mettre fin aux conflits dans la région, mais ce projet semble avoir des ambitions bien plus larges, suggérant une volonté de remplacer les Nations Unies.







