Jacques Moretti, copropriétaire du bar Le Constellation à Crans-Montana, a été remis en liberté vendredi par la justice suisse après avoir versé une caution de 200 000 francs suisses (environ 215 000 euros). Cette décision fait suite à l'incendie tragique survenu lors du Nouvel An, qui a coûté la vie à 40 personnes et blessé 119 autres. Cette annonce a engendré une réaction en chaîne d'indignation de la part des avocats représentant les familles des victimes, qualifiant la situation de "scandale".
Le président du tribunal du Valais a justifié la libération de Moretti en disant qu'il s'agissait de "mesures classiques" et a imposé des restrictions telles qu'une interdiction de quitter le territoire et une obligation de se présenter quotidiennement à la police. Parallèlement, sa femme et co-propriétaire, Jessica Moretti, est libre mais sous surveillance renforcée pour prévenir tout risque de fuite.
Les proches des victimes ont exprimé leur mécontentement. Maître Jean-Luc Addor, avocat pour une des familles endeuillées, a interviewé l'AFP en ces termes : "C'est une honte profonde pour les victimes et leurs familles." De plus, Maître Romain Jordan, représentant également plusieurs familles, a souligné que la prise de risque percevait une négligence inacceptable de la part des autorités judiciaires.
Des réactions désabusées
L'indignation a également traversé les frontières, atteignant l'Italie, où le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a exprimé son choc sur X (anciennement Twitter), qualifiant cette libération d'un "vrai affront aux sentiments des familles". Les avocats du couple Moretti ont, quant à eux, assuré qu'ils respecteraient les conditions imposées par la justice.
Le tribunal a rappelé que, selon le droit suisse, tout prévenu est présumé innocent jusqu'à sa condamnation. Autrement dit, la mesure de détention préventive n'avait pas pour but de punir, mais de garantir la présence de l’accusé. La situation a provoqué un débat enflammé sur la question de la responsabilité pénale des propriétaires.
Une enquête en cours
L'incendie a été provoqué par des étincelles de bougies qui ont allumé une mousse insonorisante dans les locaux. Alors que la commune de Crans-Montana a admis avoir failli à ses devoirs de contrôle de sécurité depuis 2019, les époux Moretti sont l'objet d'une enquête pour "homicide par négligence" et d'autres accusations liées à la mise en danger de la vie d'autrui.
Pour clarifier les circonstances exactes de l'incendie, la suite de l'instruction pourrait se concentrer sur les responsabilités partagées, tant des propriétaires que des autorités locales. Selon des informations récentes, 70 des 116 blessés sont toujours hospitalisés, 26 d'entre eux en Suisse, et 44 ailleurs en Europe, prouvant ainsi l'ampleur de cette tragédie.
Source : AFP







