Lors d'une récente session plénière au Parlement européen, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a exprimé son inquiétude face aux menaces de Donald Trump d'imposer des hausses tarifaires sur les produits européens en lien avec la question du Groenland. "Notre soumission serait une faute historique", a-t-il déclaré, soulignant que les menaces américaines ne sont pas à prendre à la légère.
Bardella a rappelé que ces tensions ne sont pas un simple incident, mais le résultat d'années de négligence stratégique. Selon lui, lorsqu'un président américain s'en prend à des États européens, c'est une question de rapport de force. "C'est notre crédibilité qui est mise à l'épreuve", a-t-il insisté.
Pour y faire face, il plaide pour des mesures fermes de la part de l'Union européenne. "L'accord négocié l'été dernier par Ursula von der Leyen doit être suspendu", a-t-il affirmé. L’UE, a-t-il ajouté, devrait activer ses instruments anti-coercition, envisageant des mesures ciblées sur les exportations américaines vers l'Europe, pointant notamment vers les services numériques, un secteur clé.
Les menaces de Trump, relayées dans une publication sur Truth Social, mentionnent des droits de douane supplémentaires de 10 % qui pourraient entrer en vigueur le 1er février 2024 sur des pays comme le Danemark, la Suède, et la France. Cette démarche a été perçue par certains analystes comme une tentative de pression. Le président de l'UE, Charles Michel, a averti que "la diplomatie doit primer sur l'intimidation commerciale".
Cependant, la décision de répondre fermement n'a pas fait l'unanimité. Certains experts évoquent la nécessité d'éviter une escalade des tensions commerciales, pouvant nuire à l'économie européenne déjà affaiblie par les conséquences de la pandémie et la guerre en Ukraine. Pierre Moscovici, ancien commissaire européen, a déclaré : "Nous devons faire preuve de pragmatisme tout en restant fermes sur nos valeurs".
Ces récentes déclarations et mesures sous-tendent l'importance de la solidarité européenne face à des menaces extérieures. La crise actuelle soulève des questions majeures sur la souveraineté et l'intégrité territoriale des nations européennes, face à un acteur mondial aux ambitions géopolitiques affirmées.







