Les Portugais se rendent aux urnes ce dimanche pour le premier tour d'une élection présidentielle cruciale. L'extrême droite, déjà considérée comme la principale force d'opposition dans le pays, pourrait franchir un cap significatif en plaçant son candidat au second tour.
Depuis 08H00, les bureaux de vote sont ouverts pour accueillir environ 11 millions d'électeurs tant au Portugal qu'à l'étranger. Des projections des résultats seront disponibles à partir de 20H00, offrant un aperçu du paysage politique du pays.
Selon des sondages récents, André Ventura, le leader du parti d'extrême droite Chega, pourrait prendre la tête du scrutin. Toutefois, ses chances de l'emporter au second tour, prévu pour le 8 février, semblent minces. En revanche, le candidat socialiste Antonio José Seguro a une légère avance devant l euro-député libéral Joao Cotrim Figueiredo dans la lutte pour la deuxième place.
Parmi les onze candidats, un nombre sans précédent, d'autres figures ont également des chances de se qualifier pour le second tour, notamment Luis Marques Mendes, représentant le camp gouvernemental de droite, et l'amiral à la retraite Henrique Gouveia e Melo, qui a dirigé avec succès la campagne de vaccination contre le Covid-19.
Un affrontement au sein des droites
Le vainqueur de cette élection succédera à Marcelo Rebelo de Sousa, un conservateur réélu à deux reprises dès le premier tour. Depuis l'instauration de la démocratie, une seule élection présidentielle au Portugal a nécessité un second tour, en 1986.
André Ventura, déjà présent lors de la précédente élection présidentielle en 2021 avec 11,9% des voix, a vu son parti progresser de manière significative, atteignant 22,8% des voix et 60 députés lors des législatives de mai dernier. Une nouvelle performance solide pour l'extrême droite confirmerait sa position incontournable sur l'échiquier politique du Portugal et marquerait un tournant dans le rapport de forces au sein de la droite, entre les factions traditionnelles et émergentes.
En clôturant sa campagne, Ventura a invité les partis de droite à ne pas entraver ses chances lors d'un éventuel second tour. Dans un discours passionné, il a affirmé son intention de « mettre de l'ordre » dans le pays, soulignant son image de candidat des gens.
De son côté, Antonio José Seguro, âgé de 63 ans, incarne un profil de rassembleur et vise à séduire les électeurs modérés. Il a lancé un appel à l'unité, en persuadant les « démocrates, progressistes et humanistes » de voter pour sa candidature, afin de protéger les fondements de la démocratie et des services publics.
Les opinions des électeurs reflètent un éventail d'attentes face à cette élection. Carlos Lameiras, un retraité de 80 ans, a souligné l'importance du choix présidentiel dans le contexte international actuel, tandis que José Alexandre, un ouvrier de 59 ans, a exprimé sa préférence pour l'amiral Gouveia e Melo, qu'il considère comme un candidat indépendant des intérêts partisans.
Bien que le président portugais n'ait pas de pouvoirs exécutifs tangibles, il peut jouer un rôle arbitral lors de crises et a le pouvoir de dissoudre le Parlement si nécessaire, selon le quotidien Le Monde.







