Cette année, Saint-Sébastien célèbre le centenaire de sa tamborrada, un événement désormais emblématique qui unit les habitants dans une fête harmonieuse. Initialement informelle, cette célébration a pris de l'ampleur depuis son institutionnalisation en 1926. À minuit, sur la place de la Constitution, le maire hissait le drapeau, signalant le début d'une journée où les tambours résonnent incessamment pendant 24 heures.
« Choisir le 20 janvier n'est pas le fruit du hasard», explique Iñaki Sainz de Murieta, écrivain et anthropologue originaire de la ville. Ce jour commémore également le saint patron de Saint-Sébastien et remonte au XVIe siècle, lorsque la ville implora la protection de son saint patron contre une épidémie de peste. Aujourd'hui, cette tradition a évolué, intégrant des éléments historiques et culturels forts, tels que des parodies de l'occupation napoléonienne, rapportées par de nombreux experts de la culture basque.
La fête d'aujourd'hui attire des milliers de participants, des groupes de tambours aux « barriles » habillés en cuisiniers, et des femmes incarnant les aguadoras, porteuses d'eau. Ce renouvellement fait écho à la diversité croissante de la société. Pour Jean-Bernard Moleres, président d'une des grandes compagnies de tamborradas, « c'est une illustration parfaite de la façon dont l'identité basque évolue tout en respectant ses racines ».
Cependant, la tamborrada n’a pas été à l’abri des tumultes de l'histoire. Elle a vu ses célébrations interrompues par la guerre civile espagnole et, plus récemment, par la pandémie. Toutefois, sa résilience continue d’inspirer. « Malgré les obstacles, la tamborrada a su s'imposer comme une attraction incontournable, alliant traditions ancestrales et adaptations modernes», ajoute Sainz de Murieta. Les prévisions pour l'édition 2026 s'annoncent donc prometteuses. Le succès de cette fête montre que l'unité et la culture peuvent triompher de l'adversité.







