Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a annoncé qu'il ne participerait pas à la réunion prévue à l'Élysée ce vendredi pour discuter de l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Christian Tein, président du FLNKS, a exprimé son mécontentement, affirmant : « Paris est sourd, et ne comprend que le rapport de force. Nous ne pouvons pas cautionner la situation où toutes les décisions sont prises à distance. »
Cette décision survient dans un contexte tendu après le rejet, par le FLNKS, de l'accord de Bougival, négocié en juillet entre l'État français et les différentes parties calédoniennes. Tein a souligné que l'idée d'aller à Paris pour discuter d'un accord jugé « indigeste » par ses représentants ne serait pas utile. Il a mis en garde le gouvernement contre une « recherche de rapidité qui pourrait conduire à des regrets », soulignant la nécessité d'un consensus local authentique.
La réunion convoquée par le président Macron le 16 janvier était censée poursuivre le dialogue. Cependant, nombreux sont ceux qui pensent que cette initiative de l'État ne parviendra pas à surmonter les divisions profondes qui existent autour du projet de Bougival, qui inclut la création d'un État calédonien inscrit dans la Constitution française. Ce projet est soutenu par une majorité d'acteurs politiques, mais une série de réticences persiste, notamment sur sa mise en œuvre.
Naïma Moutchou, la ministre des Outre-mer, avait récemment proposé une consultation citoyenne anticipée pour mars 2026, mais cela a suscité des réserves tant parmi les soutiens que les opposants à l'accord. Des voix se sont élevées contre une méthode jugée irresponsable. « Nous ne devons pas donner la priorité à ceux qui choisissent l'absence plutôt qu'à la discussion constructive », a commenté Philippe Dunoyer, membre de Calédonie Ensemble.
Alors que la Nouvelle-Calédonie traverse une période difficile, marquée par des violences récentes qui ont fait des morts, l'absence du FLNKS à la réunion est perçue comme un coup dur pour la quête de solutions durables. Des experts en politique territoriale estiment qu'un dialogue inclusif et respectueux des aspirations locales est essentiel pour éviter une escalade des tensions. Les enjeux sont souvent commentés dans des médias comme Franceinfo et Le Monde, qui alertent sur les conséquences de cette impasse.







