Alain Orsoni, une figure emblématique du nationalisme corse et du crime organisé, a été abattu le 12 janvier 2026 lors des funérailles de sa mère à Vero, en Corse. Cet événement tragique a révélé les tensions toujours présentes sur l’île, marquée par des luttes de pouvoir parmi les factions nationalistes et criminelles.
Né le 27 septembre 1954 à Ajaccio, Orsoni a étudié à Paris avant de revenir sur son île natale pour s'engager dans le Front de libération nationale corse (FLNC), dont il est devenu le dirigeant dans les années 1980. Sous sa direction, le FLNC a mené de nombreux attentats à la bombe, réclamant une plus grande autonomie pour la Corse. Selon les analyses de l’Agence France-Presse, la violence historique en Corse reste un sujet sensible, souvent ravivé par des tragédies similaires.
Après avoir survécu à une première tentative d'assassinat en 2008, Orsoni semblait avoir quitté la vie politique pour s'installer au Nicaragua. Sa présence à Vero pour les obsèques de sa mère a donc été inattendue. Les amis et proches l'ont décrit comme un homme profondément affecté par sa perte, et les circonstances de son décès ont suscité des réactions d'horreur : « On jette le corps du fils sur le cercueil de sa mère, c’est innommable », a déclaré Jo Peraldi, un proche, à l’Afp.
Alain Orsoni a également fait ses débuts en politique, étant élu à l’Assemblée territoriale de Corse en 1986 sous l’étiquette du Mouvement corse pour l’autodétermination (MCA). Son héritage reste complexe, déchiré entre la lutte pour l'indépendance corse et un passé criminel. Comme l'indique le sociologue Thierry Feral, « son parcours illustre bien les ambiguïtés du nationalisme corse, où la quête d’identité se mêle à des intérêts plus sombres. » Les événements récents réaffirment la nécessité d’un dialogue apaisé sur l’avenir de la Corse, dans un contexte de tensions persistantes.







