Paris (France) – Face à la montée inquiétante de la désinformation en matière de santé, le gouvernement a annoncé ce lundi sa nouvelle stratégie, désignée comme une réponse essentielle à un phénomène qui menace la santé publique. Selon Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, "la désinformation en santé est aujourd'hui l'un des principaux risques pour notre santé publique".
La lutte contre cette désinformation est devenue une priorité depuis le printemps 2025, période à laquelle l'ancien ministre chargé de la Santé, Yannick Neuder, a amorcé les premiers travaux. Ce constat, bien que tardif, souligne l’urgence d’une initiative systémique compte tenu de l'impact croissant des fausses informations sur des sujets cruciaux tels que la vaccination et la santé mentale.
Un rapport récent d'une équipe d'experts, notamment le professeur Mathieu Molimard et l'épidémiologiste Dominique Costagliola, met en lumière l'ampleur du problème, affirmant que “la désinformation pathogenique, alimentée par des acteurs variés, va des influenceurs aux scientifiques aux motivations biaisées.” Face à cela, la population se trouve souvent désarmée.
Pour élaborer une réponse efficace, le ministère de la Santé a constitué un comité de pilotage, s’appuyant sur un rapport d'expertise d’une dizaine de pages, tissé de recommandations pragmatiques. Dans le cadre de cette stratégie, le gouvernement a prévu la mise en place de consultations citoyennes, afin d’encourager le dialogue et d’enrichir la réflexion.
Parallèlement, un processus d’"infovigilance" sera instauré. À partir de janvier, un dispositif destiné à repérer et répondre aux infox sur divers sujets de santé sera activé. "Lorsqu’une fausse information sur la vaccination ou les traitements circulera, nous assurerons une veille permanente pour fournir des réponses fiables", a déclaré la ministre.
Un Observatoire de la désinformation en santé, toujours en réalisation butant sur des délais, promet d'être un pilier clé pour identifier et analyser les fausses nouvelles qui prolifèrent sur les réseaux sociaux. À travers un système d'évaluation des médias et des plateformes numériques, le gouvernement espère stimuler un sens critique nécessaire face à des contenus souvent trompeurs.
Les avis des experts sont unanimes sur la nécessité de renforcer l'éducation à la santé dès le plus jeune âge. Des chercheurs comme Hervé Maisonneuve insistent sur l’importance d'apprendre aux enfants à identifier les sources d'information fiables et à interpréter les données scientifiques.
Ce plan ambitieux a également pour but de responsabiliser les plateformes numériques face à leur rôle pivot dans la circulation de la désinformation. En agissant comme de véritables acteurs médiatiques, elles doivent être tenues de prioriser l’exactitude et la véracité des contenus diffusés.
La lutte contre la désinformation en santé sera un défi incontournable dans les années à venir, mais avec des initiatives comme celles-ci, l'État se positionne comme un acteur proactif dans le protectionnisme de la santé publique.







