Rangoun (Birmanie) – Les électeurs birmans se rendent aux urnes ce dimanche pour la deuxième phase des élections législatives, une initiative controversée orchestrée par la junte au pouvoir. Ce scrutin, largement perçu comme une manœuvre pour prolonger le régime militaire, intervient après cinq années de répression et de conflits.
L'armée, qui gouverne le pays depuis son indépendance en 1948, a renforcé son emprise après un coup d'État en 2021, qui a renversé la dirigeante démocratique Aung San Suu Kyi. Ce dernier événement a conduit à une forte mobilisation contre le régime militaire et a plongé la Birmanie dans une guerre civile persistante. Selon des rapports, la junte a dissous la Ligue nationale pour la démocratie, le parti de Suu Kyi, et a annulé les résultats des élections de 2020, lors desquelles ce dernier avait remporté une victoire écrasante.
Les bureaux de vote ont ouvert à 6H00 (23H30 GMT samedi) à Kawhmu, une circonscription emblématique de l’ancienne dirigeante. Malgré la promesse d'un retour vers la démocratie, les observateurs étrangers s’accordent à dire que ces élections pourraient servir de simple façade pour légitimer le pouvoir militaire.
Selon des experts, dont Tom Andrews, ancien rapporteur spécial de l'ONU, la junte a conçu ce scrutin pour assurer la victoire de son parti, lié à l'armée, le Parti de l'union, de la solidarité et du développement (PUSD). Ce dernier avait déjà remporté près de 90% des sièges lors de la première phase du scrutin fin décembre, avec un taux de participation d'environ 50%, bien en deçà de celui des précédentes élections.
« Cette élection ne mettra pas fin à nos souffrances », déclare un habitant de Rangoun sous couvert d'anonymat. Ce sentiment pénible est partagé par beaucoup alors que le pays est toujours en proie aux combats et à la violence. Des groupes de résistance armés continuent de combattre l'armée, cherchant à étendre leur contrôle sur plusieurs régions dévastées par le conflit.
Malgré tout, le chef de la junte, Min Aung Hlaing, a affirmé que les élections seraient « libres et équitables ». Toutefois, des voix critiques rappellent que les partis démocratiques ont été exclus du processus électoral, menant à une absence de pluralisme.
En prévision des réactions internationales, des analystes estiment que le régime militaire cherche à redorer son image pour améliorer ses relations diplomatiques et attirer des investissements étrangers, mais que cela ne peut masquer la réalité d'un pays en crise. Comme l'indique Le Monde, le peuple birman aspire à retrouver la démocratie perdue, alors que la junte continue de naviguer dans une mer de contestations.
En conclusion, ces élections pourraient bien être perçues comme une tentative désespérée du régime militaire de conserver le pouvoir tout en s'efforçant de se donner une légitimité sur la scène internationale.







