En quête de nouveaux horizons économiques, le Canada, sous la direction du Premier ministre Mark Carney, a décidé de réchauffer ses relations avec la Chine. Cette démarche survient après une période de tensions marquées par des conflits politiques et commerciaux, notamment l’arrestation d’une dirigeante de Huawei et la réponse de la Chine, qui a emprisonné des Canadiens en représailles.
La visite de Carney à Pékin, prévue pour le 13 janvier, est d'une importance capitale, car il s'agit de la première rencontre d'un chef de gouvernement canadien avec le président chinois Xi Jinping depuis la visite de Justin Trudeau en décembre 2017. Les deux puissances économiques aspirent à redéfinir leurs liens, alors que le Canada cherche à diminuer sa dépendance vis-à-vis des États-Unis, son principal partenaire commercial.
Les tensions entre les nations ont considérablement augmenté en 2018, avec des droits de douane réciproques qui se sont intensifiés, affectant particulièrement des produits comme le canola et l'acier. Selon des sources, le Canada a imposé des droits de douane de 25 % sur des importations d'acier, tandis que la Chine a répliqué avec des droits temporaires élevés sur le canola canadien, un des producteurs mondiaux majeurs, créant une situation tendue sur le marché commercial.
Le mandat de Carney a été marqué par un dialogue plus constructif en octobre lors d'un sommet en Corée du Sud, où les deux dirigeants ont discuté des enjeux sensibles, y compris l’ingérence chinoise dans les élections canadiennes. Ainsi, Xi Jinping a exprimé des « signes de reprise » dans les relations bilatérales, soulignant l'importance d’une collaboration renouvelée.
Les experts estiment que ces discussions arrivent à point nommé, alors que le Canada a fait face à des pressions économiques croissantes dues aux surtaxes imposées par l'administration Trump. "Il est crucial pour le Canada d'explorer de nouvelles voies et de diversifier ses partenaires commerciaux", indique un économiste de l'Université de Toronto.
Carney a déclaré que d'ici 2035, le Canada devrait doubler ses exportations vers d'autres pays que les États-Unis, une stratégie pour diminuer sa vulnérabilité économique, notamment face aux fluctuations des politiques américaines. À ce jour, la Chine demeure le deuxième partenaire commercial du Canada, avec un volume d'échange bilatéral de 118,7 milliards de dollars canadiens en 2024, selon les statistiques officielles canadiennes.
Ce virage dans la politique étrangère canadienne pourrait symboliser un nouvel équilibre dans les relations internationales et une opportunité de relancer les échanges économiques entre ces deux nations, renforçant ainsi des liens qui ont souvent été mis à l'épreuve.







