Laurence Cottet, aujourd'hui responsable de l'association Janvier Sobre, se consacre à aider les personnes luttant contre l'addiction à l'alcool, après avoir elle-même traversé cette lutte pendant plus de quinze ans. Ancienne cadre dans le secteur du bâtiment, elle partage son histoire pour mieux sensibiliser le public aux dangers de la consommation d'alcool.
Tout a commencé très tôt pour Laurence : "J'ai bu ma toute première goutte d'alcool à 6 ans." Élevée dans un milieu familial qu'elle décrit comme "dysfonctionnel", son adolescence a été marquée par un manque d'affect et d'éducation, notamment sur les dangers liés à l'alcool, qui était omniprésent à la maison. RTL a rapporté ses mots, soulignant son sentiment de solitude dans un monde où les bouteilles étaient toujours à portée de main.
C'est vers ses 30 ans que son rapport à l'alcool bascule dans l'addiction. En travaillant dans le BTP, un milieu où l'alcool fait presque partie de la culture, Laurence se voit engloutie par cette habitude. Réfugiant dans le vin et les spiritueux, elle décrit ses journées marquées par la consommation "de 2 à 3 bouteilles de vin par jour." Au départ festif, son rapport à l'alcool devient rapidement secret et désespéré, plaisantait-elle dans l'émission Un jour, une vie : "J'avais ma petite fiole de vodka dans mon sac."
Le 24 janvier 2009, véritable tournant de sa vie, Laurence s'écroule devant des centaines de personnes lors d'une cérémonie de son entreprise. Elle décrit ce moment comme "touchant le fond, ne comprenant pas comment elle a pu perdre conscience." Ce moment, à la fois humiliant et douloureux, se transforme finalement en un déclic positif. "C'est le plus beau jour de ma vie," affirme-t-elle, car c'est à partir de ce jour qu'elle a décidé d'arrêter de boire.
Le décès tragique de sa petite sœur à 42 ans a également été un catalyseur pour Laurence, renforçant sa détermination à mener un combat personnel contre l'addiction. Aujourd'hui, elle évoque sa "puissante envie de vivre" et parvient à se reconstruire, prouvant que le chemin vers la guérison est long mais possible.
À travers Janvier Sobre, Laurence forme et soutient des personnes aux parcours variés dans leur cheminement vers la sobriété. Elle rappelle l'importance de la bienveillance et de l'absence de jugement dans ce processus : "Peu d'addicts s'en sortent seuls." France 3 relaye cette constatation, soulignant la nécessité d'une communauté pour accompagner les personnes en difficulté.
Alors que la société commence à reconnaître les dangers de l'alcoolisme, notamment chez les femmes, comme l'indique le psychiatre Romain Sicot sur RTL, l'expérience de Laurence est un exemple d'espoir. Sa voix résonne comme un appel à la solidarité et à la compréhension des enjeux de l'addiction à l'alcool, rendant le dialogue nécessaire et urgent.







