Plus de six mois après sa libération d’une prison en Algérie, l’écrivain Boualem Sansal revient sur son incarcération, sa nouvelle vie en France et l'écriture rapide de « La Légende ». Le départ de Gallimard a été motivé par des désaccords stratégique et matériel, résultant en une diabolisation accrue.
Boualem Sansal : entre légende noire et vérité cachée

Comment s’est déroulée l’écriture de « La Légende » ?
À mon arrivée en France en novembre 2025, j’étais dans un état désastreux. Pendant le mois de janvier, j’ai commencé à écrire « La Légende » sans grande conviction. Mon départ de Gallimard a accéléré l'écriture, et après un échange avec Olivier Nora, j’ai reçu des conseils précieux qui m’ont aidé à me projeter.
Me voir négocier comme si j’étais un mouton, ça m’a beaucoup gêné.
À la fin du livre, vous parlez d’une amitié de vingt-sept ans qui se termine brutalement.
Cela a entraîné des discussions intellectuelles, mais Gallimard connaissait mon caractère un peu rebelle. La négociation était détestable pour moi.
La relation avec l’appartement de Gallimard a également joué un rôle...
C’était la goutte d'eau. J'avais besoin de cet appartement, et mon départ a choqué Gallimard.
Comment êtes-vous arrivé chez Grasset ?
Mon départ a couru comme une traînée de poudre à Paris, et j’ai reçu plusieurs propositions, dont un contrat de un million d’euros avec Grasset et d’autres avec les Éditions du Cerf et du Cherche Midi.
« La Légende », c’est vous dans l’univers carcéral ?
En Algérie, on m'appelait « la légende », une habitude bien ancrée parmi les prisonniers. Malgré les difficultés, j’étais perçu comme une figure d’espoir.
Votre soutien durant cette épreuve a été votre femme Naziha ?
Absolument. Elle a été mon pilier, alors que je traversais une période de désespoir profond.
Vous avez des critiques à l'égard du régime algérien ?
L’Algérie est sous le contrôle d'une oligarchie militaire qui perçoit mes livres comme une menace. Ils cherchent à nuire à ma réputation, tant en Algérie qu'en France, où certains médias participent également à cette diabolisation.








