Une vague de chaleur sans précédent touche de nombreux pays européens depuis le début de la semaine, étendant son emprise vers l'Est et provoquant des conditions de vie difficiles pour plus de 150 millions d'habitants. Les températures atteignent ou dépassent les 35 degrés, tandis que les hôpitaux sont débordés par un afflux de patients.
En Grande-Bretagne et en France, les professionnels de la santé signalent une saturation des hôpitaux et une montée alarmante des appels d'urgence. Selon de récentes estimations, des centaines de décès ont été rapportés en Espagne, avec un impact tragique sur les enfants laissés dans des voitures surchauffées.
D'après des analyses de l'AFP, la chaleur extrême affecte désormais plus de 50 millions d'habitants en Allemagne et plus de 30 millions en France, tandis que près de 420 millions de personnes en Europe (hors Turquie) se retrouvent exposées à des températures dépassant les 30°C.
L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a évoqué la possibilité que cette canicule puisse être considérée comme un phénomène record. Des experts du World Weather Attribution (WWA) soulignent que le changement climatique d'origine humaine a indéniablement intensifié cette canicule, qui aurait été quasiment impensable il y a 50 ans.
Barbara Breuer, porte-parole d'une association à Berlin, fait état d'un changement radical dans les besoins d'aide, précisant que "l'habitude était de protéger du froid, mais la situation actuelle est très différente". Les services d'urgence tentent d'apporter du soutien aux personnes vulnérables, en distribuant des kits spéciaux pour lutter contre la chaleur.
Christian Bernardt, 52 ans, témoigne des désagréments liés à la chaleur : "C'est épuisant, surtout avec tous mes bagages, en errant d'une gare à l'autre dans la chaleur suffocante".
- Une première aux Pays-Bas -
Le Service Météorologique allemand (DWD) annonce que la vague de chaleur touchera presque toutes les régions d'Allemagne jusqu'à la fin de la semaine, tandis qu'une alerte rouge a été déclenchée pour la première fois aux Pays-Bas, où la circulation est déconseillée et la majorité des écoles sont fermées.
Les hôpitaux commencent à rendre compte de la saturation croissante de leurs services : des personnes âgées, des malades chroniques et des jeunes souffrent des conséquences de la chaleur extrême, avec des cas de noyade, d'hyperthermie et de troubles cardiaques.
Le Dr Hilary Williams, vice-présidente du Royal College of Surgeons au Royaume-Uni, a déclaré que le système de santé est "à bout de souffle", précisant que "les incidents critiques révèlent que nos équipements sont incapables de répondre à la demande".
En France, la situation est jugée "extrêmement grave" par le chef des urgences de l'hôpital européen Georges Pompidou, qui constate des couloirs bondés de patients jeunes et âgés souffrant d'hyperthermies sévères.
Les annulations d'événements grandissent chaque jour, touchant des festivités comme le semi-marathon de Hambourg, le festival de musique Solidays à Paris, ainsi que de nombreuses autres activités.
- Pollution à l'ozone -
En Italie, 18 villes, dont Rome et Milan, sont en alerte rouge. Le delta du Pô souffre d'une surchauffe, entraînant la mort des palourdes et une prolifération inquiétante de macroalgues, comme l'indique Paolo Mancin, président de la coopérative de pêche locale.
La canicule pourrait encore s'intensifier dans l'Est, avec des alertes rouges annoncées en République tchèque et des prévisions de records de chaleur à Prague. À Bratislava, des mesures sont prises pour atténuer la pollution à l'ozone, tandis qu'en Slovaquie comme en Hongrie, des températures élevées sont attendues avec des protocoles d'urgence en préparation.
Face à la situation, le ministère hongrois de l’Énergie recommande une réduction de l'utilisation des appareils électroménagers pour éviter les ruptures de courant dans un réseau déjà fortement sollicité.







