Toujours en expansion, la canicule s'installe en Europe, affectant plus de 101 millions de personnes, dont 50 millions en France et 18 millions en Allemagne, qui devront supporter des températures supérieures à 35°C durant la journée. Cette crise climatique frappe particulièrement durement, suscitant des inquiétudes quant à la santé publique et la sécurité. Arthur, un jeune ingénieur de 28 ans vivant à Rennes, évoque l'épuisement qu'elle engendre : "Ça devient épuisant, à la fois pour le corps et pour le mental."
Selon une analyse de l'AFP basée sur les prévisions du service météorologique allemand, la vague de chaleur devrait toucher environ 380 millions d'habitants en Europe, soit près des deux tiers de la population. Le pic de cette canicule est anticipé jeudi, avec une légère amélioration prévue en soirée sur la façade atlantique.
À Paris, le maire Emmanuel Grégoire a rapporté une hausse inquiétante de la mortalité, où la capitale a déjà enregistré pour la quatrième fois en 150 ans des températures dépassant les 40°C. Dans ce contexte, le ministère de la Santé a noté 25 arrêts cardiaques en 24 heures, avec un nombre habituel de 10.
Pour faire face à cette situation sans précédent, le Premier ministre a déclaré que le système de santé était placé en état d'alerte maximale afin de gérer cette "canicule exceptionnelle", une pression sanitaire qui se renforce jour après jour. Par ailleurs, la chaleur a également conduit à l'arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires.
Les températures pourraient atteindre ou dépasser les 40°C par endroits en Allemagne, où des événements sportifs, comme le semi-marathon de Hambourg, ont déjà été annulés. La Deutsche Bahn a conseillé à ses voyageurs d'éviter de se déplacer et a proposé des remboursements pour les billets réservés jusqu'au 30 juin en raison du risque de perturbations.
En Espagne, les autorités comptabilisent au moins 212 décès liés à la chaleur depuis le début de cette vague. Pendant ce temps, le Met Office a prolongé l'alerte rouge "chaleur extrême" jusqu'à vendredi soir pour Londres et le sud-est de l'Angleterre, prévoyant des températures atteignant potentiellement 38°C.
Ce phénomène est attribué à une masse d'air chaud d'origine africaine qui stagne au-dessus de l'Europe de l'Ouest, provoquant des températures record. Les climatologues avertissent que les canicules répétées sont un signe indiscutable du changement climatique, fortement influencé par les activités humaines. Ces vagues de chaleur, promettent-ils, sont appelées à se multiplier et à s'intensifier.
Dans ce contexte, la Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé à mettre en place des "pauses fraîcheurs" obligatoires pour les travailleurs exposés à la chaleur, similaire aux pauses lors du Mondial-2026. Ils exigent que la Commission européenne garantisse le droit à des pauses sans perte de salaire en cas de fortes chaleurs, alors que le risque d'accidents du travail augmente significativement avec la chaleur.
Des températures élevées sont également attendues dans d'autres pays comme l'Italie, le Royaume-Uni, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. La côte de Split, en Croatie, est placée en alerte rouge avec des températures dépassant 35°C. En revanche, le Danemark a été placé en alerte orange de canicule, tandis que l'Autriche prévoit des températures supérieures à 40°C ce week-end, incitant la population à rester à l'intérieur.







