Une équipe de France Télévisions a récemment visité Dobropillia, une ville ravagée située à l'est de l'Ukraine, où l'armée de Kiev endure un siège prolongé par des forces russes.
À l'intérieur d’un blindé ukrainien, l’atmosphère est pesante. Sur l'une des routes les plus risquées du pays, chaque seconde compte. Un bruit sourd retentit soudainement : un drone russe vient de frapper à quelques mètres du véhicule. Juste à côté, un autre blindé a été la cible des bombardements. Sur cette route, la situation est devenue un symbole du conflit actuel.
À leur arrivée, une troupe de soldats ukrainiens se précipite pour décharger le ravitaillement, tandis que d'autres assurent la protection du véhicule. Comme l’indique Denys Tsyba, membre de la 15ème brigade "Kara-Dag" de la garde nationale ukrainienne, "Il faut être rapide et vigilant à chaque mouvement, qu’on entre ou sorte de la ville".
"Il faut avoir peur"
Dans ce contexte de danger omniprésent, marqué par le bruit incessant des drones, la vigilance est primordiale. Le commandant Evgeni Bilka presse l’équipe à chercher refuge : "Vite, à l’intérieur !"
Selon Bilka, "Ça fait un mois que nous sommes à Dobropillia, mais on se bat depuis le début de la guerre. La peur est essentielle pour survivre. Si on perd cette peur, il y a des sons qu’on n'entend plus, et cela nous met en péril".
Cinq mois de siège
Avant le début de ce conflit, Dobropillia abritait environ 20 000 habitants. La ville est désormais assiégée depuis la chute de Pokrovsk, tombée aux mains des forces russes en janvier dernier. "Des cafés et des commerces existaient ici. La vie était douce, puis les bombardements ont commencé, ciblant d'abord des lieux publics comme un supermarché", raconte le commandant Bilka.
Au fil de ces cinq mois de siège, l’armée ukrainienne a su s’organiser. Des soldats sont déployés en nombre, équipés de technologies de pointe telles que des drones d’attaque et des robots de ravitaillement. Les experts militaires soulignent que cette guerre a pris un tournant technologique, avec une armée ukrainienne qui semble reprendre le dessus.
Dans un abri souterrain, le commandant Bilka se montre confiant malgré la fatigue de quatre années de guerre. "Nous tiendrons Dobropillia jusqu'à la fin de l'été, c'est certain. Je suis convaincu que les Russes ne parviendront pas à s'emparer de la ville, notre défense est robuste", conclut-il.







