Des représentants militaires de haut niveau des États-Unis et de Cuba se sont rencontrés vendredi dans la base de Guantanamo, au cœur des tensions qui marquent actuellement les relations entre les deux pays.
Le général Francis Donovan, responsable du commandement militaire américain pour l'Amérique latine, a échangé avec son homologue cubain, le général Roberto Legra Sotolongo, sur des préoccupations de sécurité. Selon un communiqué diffusé par Southcom, cette entrevue, bien qu'éphémère, a été photographiée et publiée sur les réseaux sociaux.
Le choix de Guantanamo, une enclave militaire américaine bien connue dans le sud-est de l'île, est symbolique. Le ministère cubain des Armées a d'ailleurs salué la rencontre, qualifiée de "positive", tout en convenant de l'importance de maintenir le dialogue.
Les relations entre Washington et La Havane se sont considérablement détériorées depuis le début de l'année, suite à l'instauration d'un blocus pétrolier de facto et à de nouvelles sanctions annoncées par les États-Unis. Ces mesures incluent des accusations portées contre l'ex-président Raul Castro pour des faits remontant à 1996, ce qui a intensifié les tensions.
La récente escalade verbale inclut des informations selon lesquelles Cuba envisage des scénarios d'utilisation de drones militaires contre la base américaine ou même le territoire américain, une affaire rapportée par plusieurs médias. Le général Donovan a également exprimé des préoccupations concernant la sécurité des installations militaires de la base.
"La base navale de Guantanamo est essentielle pour nos opérations militaires, visant à garantir la sécurité et la stabilité dans la région," a déclaré Southcom.
Le président américain Donald Trump a qualifié Cuba de "menace extraordinaire" pour la sécurité nationale, menaçant à plusieurs reprises de prendre des mesures contre l'île. Néanmoins, les deux gouvernements continuent de maintenir un canal de communication diplomatique. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a récemment rencontré des hauts responsables cubains à La Havane, marquant une des rares visites diplomatiques américaines depuis 2016.
Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a insisté sur la détermination de Washington à promouvoir le changement à Cuba, tout en exprimant une volonté d'éviter le recours à la force.
Cuba, face à une situation économique catastrophique due au blocus et aux sanctions, a mis en doute la sincérité des États-Unis dans les négociations tout en affirmant sa volonté de poursuivre le dialogue. Des aides, comme un envoi de 15.000 tonnes de riz de la part de la Chine, soulignent l'importance des alliances externes pour l'île.







