En Norvège, tout patrimoine dépassant 1,7 million d'euros est assujetti à une taxe d'environ 1,1 %. Une tradition ancrée depuis le XIXe siècle qui suscite des discussions vives dans le pays. Certains plaident pour une augmentation de ce seuil, tandis que d'autres militent pour sa réduction.
Cette réflexion est le fruit d'une analyse des enjeux fiscaux en cours.
La Norvège, avec son allure de paysage de contes de fées, ne se résume pas à ses fjords et sa gastronomie. Elle est également marquée par cette taxe sur les riches qui, pour beaucoup, est indissociable de leur modèle social. Paul Naes, un entrepreneur, déclare : 'Chaque année, je rapporte environ six millions d'euros de patrimoine et je paie près de 100 000 euros de taxe de fortune'. Cependant, ce système fiscal pose souvent des dilemmes financiers. 'Je dois vendre des actions de mon entreprise pour payer, ce qui ne profite pas à l’économie locale', déplore-t-il.
Les Norvégiens semblent majoritairement en faveur de la taxe, mais s'interrogent sur son montant. 'Je pense que ceux qui ont plus devraient contribuer davantage, car notre modèle social est précieux', affirme une riveraine. Une autre personne confie : 'La taxe est incontournable si l'on veut bénéficier des avantages que notre pays offre.'
Des conséquences économiques globales 'plutôt limitées'
La taxe entraîne toutefois des départs, comme celui de Tord Ueland Kolstad, un milliardaire ayant choisi l'exil en Suisse. 'Je n’éprouve aucune honte', affirme-t-il. Avec une fortune de 165 millions d'euros, Kolstad critique cet impôt, soulignant qu'il nuit à l'économie : 'Cela décourage les investissements et finit par nuire aux recettes fiscales'.
Malgré ces inquiétudes, cet impôt rapporte chaque année près de trois milliards d'euros à l’État. Simen Markussen, économiste au Frischsenter, souligne que, bien que le départ de certains riches se fasse sentir, 'les impacts économiques globaux sont relativement mineurs'. LaNorvège, connue pour sa prospérité, a des ressources souvent en excédent.
Pour maintenir sa structure sociale, le gouvernement a même introduit une surtaxe pour ceux qui choisissent de fuir leurs obligations fiscales à l'étranger. Comme l'indique Valérie Astruc, envoyée spéciale à Oslo : 'Cette mesure vise à dissuader l'exil fiscal'.







