Mercredi, le Mali a été secoué par deux attaques tragiques attribuées au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), causant la mort de plus de 30 personnes dans le centre du pays, particulièrement touché par l'insécurité.
"C'est un drame indescriptible. Le chiffre des pertes s'élève à au moins 35, dont 25 à Kori Kori et 10 à Gomossogou," a rapporté à l'AFP un membre de la jeunesse locale, qui a tenu à garder l'anonymat pour des raisons de sécurité.
Des sources sécuritaires et administratives ont corroboré ce bilan. Wamaps, un collectif de journalistes ouest-africains spécialisés dans la sécurité au Sahel, parle même de "plus de 50 villageois tués", tandis que d'autres sont toujours portés disparus.
En réaction, l'armée malienne a mené une opération ciblée, annonçant la neutralisation d'une dizaine de terroristes, sans fournir plus de détails dans son communiqué.
Les attaques, revendiquées par le JNIM, ont été décrites comme des représailles contre des miliciens soutenus par le gouvernement. "Les victimes sont en grande partie des miliciens, mais aussi des adolescents et des enfants", a expliqué une source de sécurité.
Cette milice, Dan Nan Ambassagou, regroupant principalement des chasseurs traditionnels dogons, a été dissoute après avoir été impliquée dans un massacre à Ogossagou en mars 2019.
Suite à la montée des violences, des groupes d'autodéfense se sont formés, avec Dan Nan Ambassagou en tête de liste. Wamaps a rapporté que lors des attaques récentes, de nombreux "villages ont été pillés et des concessions incendiées".
"Au-delà du lourd bilan humain, des destructions considérables ont été infligées, avec des habitations et des réserves de céréales réduites en cendres", a déclaré une source au gouvernorat de Bandiagara. Cette nouvelle escalade intervient après des offensives massives des jihadistes, associant le JNIM et le Front de libération de l'Azawad (FLA), touchant des positions gouvernementales jusqu'aux portes de Bamako.
Le ministre de la Défense, Sadio Camara, un des figures emblématiques de la junte, a été tué lors d'un attentat-suicide à Kati, dans des violences qui ont coûté la vie à au moins 23 personnes, d'après des sources hospitalières.
Le centre du Mali a subi des violences répétées, incluant le massacre d'Ogossagou en mars 2019, suivi de plusieurs autres attaques meurtrières, dont celle de Moura en mars 2022, décrite par Human Rights Watch comme un massacre de 300 civils par des militaires maliens en coopération avec des combattants étrangers.
Depuis 2012, le pays est plongé dans une crise sécuritaire profonde, exacerbée par les activités de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'État islamique, ainsi que par des conflits communautaires. Le JNIM a appelé à un "front commun" pour mettre fin à la junte militaire au pouvoir depuis 2020, soulignant la nécessité d'une transition pacifique et inclusive.







