Dans un retournement de situation inédit, la Russie envisage de remettre en service jusqu'à 700 avions An-2, conçus à l'époque soviétique, à cause d'importants revirements dans le développement de leur successeur, le Baikal. D'après un rapport de Kommersant publié le 13 avril, cette décision est motivée par l'impasse dans laquelle se trouve le projet, qui s'est heurté à de graves erreurs de conception, ralenties par des retards inédits.
Les professionnels du secteur, dont des experts de l'Institut de Recherche Aéronautique Sibérien (SibNIA), soutiennent que la modernisation de ces avions - qui datent de la fin de la Seconde Guerre mondiale - pourrait compenser le manque d'appareils pour les lignes régionales dans les cinq à sept prochaines années. Selon eux, ces An-2 n'ont exploité que 25 à 30 % de leur potentiel de vie, en plus de ne pas avoir de limite de service précise, ce qui permettrait une prolongation de leur utilisation jusqu'en 2100 avec des mises à jour appropriées.
Des « erreurs graves » de conception sur son successeur
Depuis 2024, plusieurs unités des An-2 entreposés ont déjà été réactivées, abandonnant leurs promesses de démolition. Il faut noter qu’au départ, 17 500 de ces avions avaient été fabriqués, mais 14 700 ont depuis été retirés du service, laissant seulement 249 en opération aujourd'hui. La remise à niveau d’un An-2 nécessite un investissement de 17 à 25 millions de roubles (environ 190 000 à 280 000 euros), un coût élevé, aggravé par la nécessité d'importer des pièces malgré une valeur marchande ne dépassant pas les 5 millions de roubles (environ 55 500 euros). Le montant total pour revitaliser l'ensemble de cette flotte pourrait ainsi culminer à 21 milliards de roubles, soit environ 230 millions d'euros.
Cette initiative coûteuse résulte des nombreux retards rencontrés par le projet Baikal, qui avait été lancé en 2019 avec des prévisions de production en série dès 2024. Toutefois, le programme est aujourd'hui dans une impasse, comme le confirme un haut responsable russe. Des sources citant Kommersant affirment que des erreurs de conception importantes nécessiteront une refonte complète de l'avion, mettant davantage en lumière les défis auxquels Moscou est confronté dans son secteur aéronautique.







