Les Nations unies ont exprimé vendredi leur préoccupation face à la montée vertigineuse de l'insécurité alimentaire au Liban, un pays plongé au cœur du conflit régional. La directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) au Liban, Allison Oman, a déclaré : « Les opérations de nos convois se poursuivent, mais la complexité de l'environnement opérationnel ne fait qu'augmenter. » Elle a souligné que la sécurité dans la région, particulièrement pressante, est désormais précaire malgré une demande alimentaire croissante.
Depuis l'éclatement des hostilités, le PAM a réussi à livrer de l'aide à 40 000 à 60 000 personnes, mais de nombreux autres convois n'ont pas pu partir, comme l'a signalé Oman. La situation est d'autant plus alarmante que, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), environ 150 000 personnes restent piégées dans le sud du Liban.
Des chaînes d'approvisionnement désorganisées
Allison Oman a également mis en avant la désorganisation des chaînes d'approvisionnement, aggravée par les difficultés rencontrées par les agriculteurs pour accéder à leurs terres. La hausse des prix du carburant et des engrais à l'échelle mondiale ajoute une pression supplémentaire. Le mouvement Hezbollah, qui a engagé le Liban dans le conflit en lançant un barrage de missiles sur Israël en mars dernier, a ainsi intensifié la crise alimentaire. Cette situation alarmante intervient alors qu'un cessez-le-feu fragile est observé entre l'Iran et les États-Unis.
Pour intensifier les efforts d’assistance, le PAM a demandé un « accès sûr et continu » aux zones exerçant le plus de tension. « Nous sommes en train d'observer une crise de la sécurité alimentaire exemplaire », a insisté Oman. La hausse des prix, notamment du pain et des légumes, constitue un défi majeur pour les familles déjà vulnérables, exacerbant la situation économique préexistante du Liban.
Une précarité alimentaire en hausse
Avant l'escalade actuelle, environ 900 000 personnes faisaient face à des niveaux d'insécurité alimentaire, et les prévisions suggèrent que ce nombre continuera d'augmenter. Plus d'un million de personnes ont déjà été déplacées. La situation est telle que 13 hôpitaux ont subi des dommages, et 6 d'entre eux ont été contraints de fermer leurs portes, aggravant la charge sur les établissements encore opérationnels, comme l'a déclaré Abdinasir Abubakar, représentant de l'OMS au Liban.







