Une dizaine d’exploitations agricoles en Charente-Maritime ont été perquisitionnées, a-t-on appris jeudi 2 avril, dans le cadre d’une enquête sur la détention et l’usage de pesticides non autorisés. Aucune garde à vue n’a été effectuée par la suite.
Le parquet de La Rochelle a confirmé que la police a mené une opération ciblée portant sur la détention et l’usage de pesticides non autorisés. Cette perquisition a été orchestrée « sous l’autorité du pôle régional environnemental », a précisé la procureure adjointe, Sophie Debas, faisant écho à une information relayée par Radio France. À l’issue des perquisitions, « aucune mesure de garde à vue » n’a été prise, bien qu'aucun détail sur les résultats n'ait été divulgué. Cette enquête fait suite à des plaintes déposées en 2025 par deux associations environnementales qui mettent en lumière des cas de cancers pédiatriques et des traces de pesticides dans les organismes d’enfants résidant à proximité de parcelles agricoles autour de La Rochelle.
Des préoccupations croissantes autour de la santé publique
Un rapport du Registre général des cancers de Poitou-Charentes, affilié au CHU de Poitiers, a alerté dès 2018 sur un nombre anormalement élevé de cas d’hémopathies et de cancers à Saint-Rogatien. Ce bourg de 2.200 habitants a vu une cinquantaine d’adultes et plusieurs enfants concernés.
Selon les informations fournies par l’association Santé Avenir Environnement, qui a déposé une plainte avec Nature Environnement 17, quinze cas de cancers pédiatriques ont été identifiés depuis 2008, avec deux décès, dans six communes environnantes. Une étude présentée par l'association en octobre 2024 a révélé la présence de quatorze molécules différentes dans les urines de 72 enfants et 45 substances, dont des insecticides, fongicides et néonicotinoïdes, pour certains interdits depuis plusieurs années.







