Le général de brigade Sylvain Tortellier, commandant du groupement de gendarmerie de la Gironde, a fait une déclaration retentissante jeudi dernier à Bordeaux, affirmant que la célèbre DZ Mafia, un gang notoire de narcotrafiquants marseillais, aurait établi ses bases dans le Libournais. Une affirmation qui a provoqué l'indignation du maire de Libourne, Philippe Buisson.
Cette phrase a eu l'effet d'une bombe : "La DZ Mafia s’est implantée dans le Libournais", a formulé le général en évoquant un gang impliqué dans un double assassinat actuellement en procès à Aix-en-Provence. Le commandant s'adressait au Premier ministre Sébastien Lecornu et à Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur. À l'issue de son discours, le général n'a pas souhaité apporter de précisions, laissant un flou sur ses propos.
Une réaction sous le choc du maire de Libourne
Philippe Buisson a exprimé son désarroi face à cette déclaration, la qualifiant de "mot malheureux" : "Je m'en suis ouvert au procureur, car ces types d'affirmations ne devraient pas être faites sans fondement devant des personnalités politiques et les journalistes. C'est une faute. Sur le terrain, je n'ai aucune preuve d'une installation de ce gang dans notre région", a déclaré le maire à ICI Gironde.
Pénurie de preuves, incertitudes du parquet
Bien que les affaires de drogues aient augmenté ces dernières années dans le Libournais, le procureur Lois Raschel a souligné qu'"il n'existe pas de rapports indiquant une enquête relative à la DZ Mafia", contrecarrant ainsi les propos du général.
Eric Miguet, journaliste à La Provence et co-auteur d'un podcast sur le trafic à Marseille, a également exprimé des doutes. Selon lui, l'infiltration de la DZ Mafia dans d'autres régions pourrait être largement exagérée : "Certains peuvent se revendiquer de la DZ par opportunisme, mais cela ne signifie pas qu'ils sont liés".
Le gang marseillais a clairement étendu son influence en dehors des Bouches-du-Rhône. Miguet a ajouté que ces expansions peuvent découler de "relations établies en prison", liées à des personnes incarcérées dans d'autres zones de France.
"La vérité sur la présence de la DZ dans le Libournais pourrait prendre du temps à émerger", a conclu Eric Miguet. Les autorités et les citoyens attendent des clarifications sur cette situation préoccupante.







