La société Eiffage, spécialisée dans les travaux maritimes et fluviaux, a été jugée responsable de l'accident tragique ayant causé la mort de deux de ses employés le 10 novembre 2015 sur le chantier de la centrale thermique de Cordemais, en Loire-Atlantique. Ce jeudi 12 février, le tribunal judiciaire de Nantes a reconnu l'entreprise coupable, plongeant la famille des victimes dans une profonde émotion.
« C'est une douleur qui ne s'estompe pas », a témoigné une proche des victimes, lors de l'audience. Plus de sept ans se sont écoulés depuis que cette famille a déposé une plainte pour faire avancer le dossier. « Un instruction laborieuse », a déploré leur avocate, Mégan Lépinay, soulignant que le chemin vers la justice a été long et douloureux.
Le drame s'est produit à plus de dix mètres de hauteur lorsque le chef de chantier, âgé de 51 ans, et son collègue, un chef d’équipe de 47 ans, sont tombés d'une passerelle sur le site de la centrale EDF. L'un d'eux, après avoir été plongé dans le coma, est décédé à l'hôpital. L'entreprise Eiffage a été critiquée pour sa gestion des normes de sécurité, le procureur soulignant l'importance de responsabiliser les entreprises dans ce contexte. « Un mort par jour dans le secteur du bâtiment, c’est inacceptable », a condamné Marion Ménage, avocate de la fédération de la construction au sein de la CGT.
Un manque de responsabilité
Lors du procès, Eiffage, représentée par son avocat, Patrice d’Herbomez, a nié toute responsabilité dans l'accident, arguant que la passerelle n'était qu'un accès et non un plan de travail. Cette position a été vigoureusement contestée par le procureur, indiquant que l'absence de mesures de sécurité appropriées a directement contribué à la tragédie.
Il a été révélé durant l’audience qu'aucun responsable d'Eiffage n'est venu expliquer les mesures prises depuis l'accident. Pire encore, l'équipe ayant réinstallé la passerelle n'a pas été identifiée. Celle-ci, selon les experts, avait été montée sans les boulons de fixation nécessaires, élément essentiel pour assurer la sécurité des ouvriers.
En fin de compte, le tribunal a déclaré l'entreprise coupable d'homicide involontaire et a infligé une amende de 60 000 € pour cette négligence, assortie d'une sanction additionnelle de 7 500 € pour non-conformité au plan de travail. Ce cas tragique souligne la nécessité d’exiger des normes de sécurité rigoureuses pour protéger les travailleurs.







