La préfecture des Yvelines a récemment pris un arrêté interdisant la vente et la détention de protoxyde d’azote, communément appelé « gaz hilarant », pour les mineurs et les adultes. Cette décision, qui s'appliquera tout au long du mois de février, marque un tournant dans la lutte contre ce phénomène de société.
Désormais, il sera impossible d'acheter ces fameuses bonbonnes dans les magasins et épiceries. Seuls les professionnels, comme les pâtissiers, pourront encore acquérir ce gaz, mais uniquement sur présentation d’un justificatif. Les horaires de vente sont également restreints, s'étalant de 8 heures à 20 heures dans des établissements spécialisés.
Ce nouvel arrêté ne se limite pas à la vente : il stipule aussi que la détention de protoxyde d’azote sera prohibée, peu importe le lieu ou la date d'achat des bouteilles. Cela cible particulièrement ceux qui voudraient contourner la loi en se rendant dans d'autres départements. De plus, la consommation de ce gaz dans les lieux publics est également interdite sous toutes ses formes, qu'il s'agisse de cartouches, bonbonnes ou autres contenants sous pression.
Les sanctions sont sévères, avec des amendes allant jusqu’à 15 000 euros pour ceux qui incitent les moins de 18 ans à consommer ce produit. Cette décision fait suite à une hausse « préoccupante » des usages récréatifs de ce gaz, qui, à l'origine utilisé dans la gastronomie, est désormais prisé par les jeunes pour ses effets euphorisants. Selon Le Parisien, ce gaz est à l'origine d'accidents routiers dus à l'altération des sens et à la réduction des réflexes.
Une hausse inquiétante d'interventions policières
Les dangers liés au protoxyde d’azote ne se limitent pas à la route. Une utilisation répétée peut entraîner des problèmes de santé graves, allant des atteintes neurologiques aux paralysies permanentes. Selon des statistiques, les forces de l'ordre ont effectué 268 interventions liées à ce produit en 2024, soit une hausse de près de 70 % par rapport à l'année précédente.
Le profil des consommateurs a également évolué, comme l’explique un expert de la santé publique : "Les jeunes se tournent vers le protoxyde d'azote sous l'effet de la pression sociale, mais les conséquences peuvent être désastreuses." Récemment, un jeune homme de 20 ans a été condamné à un an de prison avec sursis pour avoir vendu ce gaz : lors d'une perquisition, les policiers ont découvert des bonbonnes et des ballons chez lui.
En parallèle des mesures répressives, des initiatives de prévention sont mises en place. À Mantes-la-Jolie, un groupe de jeunes sensibilise ses pairs aux dangers du protoxyde d’azote à travers des vidéos de sensibilisation sur les réseaux sociaux. L'association « Stop Ballons » intervient également dans les collèges pour alerter les adolescents sur les risques que présente l'usage de ce gaz.







