Au deuxième jour de son procès devant la cour d’assises de Loire-Atlantique, un jeune homme de 25 ans, Venkatesh C., a tenté de donner sens à son acte tragique qui a couté la vie à Nadia Hassade, tuée de plusieurs coups de couteau le 16 octobre 2022 alors qu'elle attendait son bus à Nantes. Dans un récit émaillé d'hésitations, l'accusé a déclaré avoir « totalement perdu le contrôle » durant l'agression.
La présidente de la cour, Lydie Limou, ainsi que les avocats de la partie civile, ont posé des questions poignantes au prévenu : Pourquoi avez-vous tué Nadia Hassade ? Pourquoi elle ?
À cela, Venkatesh n'a pu que répondre : Ça reste un énorme point d’interrogation.
Il a expliqué que sa rupture avec son ex-compagne l'avait plongé dans un tourbillon émotionnel. En discutant avec un psychologue en prison, il semble avoir réalisé que sa colère pouvait avoir été transposée sur Nadia, bien qu'il ne soit pas certain de cette hypothèse.
Dans un environnement aussi chargé émotionnellement, le jeune homme a exprimé sa souffrance. J’ai compris qu’elle venait me chercher à cet arrêt de bus. Peut-être que j’ai transposé ma colère sur cette personne. C’est l’hypothèse la plus probable. Je ne suis pas sûr à 100%, mais si j’avais la réponse, je la donnerais. Je n’ai plus grand-chose à perdre.
Ces mots résonnent comme un cri de détresse dans la salle d'audience, où l’empathie et la colère se côtoient.
Les experts s'interrogent sur les causes profondes d’une telle violence et sur les mécanismes psychologiques qui peuvent conduire un individu à ce point de non-retour. Anne-Marie P., psychologue et spécialiste des comportements violents, indique que des antécédents de violences domestiques ou des ruptures douloureuses peuvent créer un terreau fertile pour l'explosion émotionnelle. Il est impératif de mieux encadrer les jeunes en détresse pour prévenir ce genre de drame. Le travail sur l’identité et les émotions est crucial dans leur développement personnel.
Ainsi, ce procès met en lumière non seulement le cas particulier de Venkatesh, mais également les enjeux sociétaux plus larges liés à la santé mentale et à la violence juvénile. Alors que le tribunal continue d'entendre les témoignages, le chemin vers la justice et la réhabilitation s’annonce ardu pour l’accusé.







