Le parquet de Meaux a décidé d'ouvrir plusieurs enquêtes à la suite du tragique suicide d'une lycéenne de 17 ans survenu mardi à la gare de Villeparisis-Mitry-le-Neuf. Des investigations préliminaires laissent entendre que la jeune fille serait victime de harcèlement au sein de son établissement, le lycée Honoré-de-Balzac.
Le drame s'est produit peu avant 17 heures. Les caméras de surveillance ont révélé qu'elle a délibérément placé son corps sur les rails, alors qu'un RER B arrivait, occasionnant la suspension de la circulation ferroviaire le temps d'intervenir. La famille de la victime, domiciliée à Mitry-Mory, avait déjà alerté les autorités scolaires sur les problèmes de harcèlement dont souffrait leur fille depuis le mois de décembre 2022.
Selon Jean-Baptiste Bladier, procureur de Meaux, il est apparu que l'établissement avait été informé des actes de harcèlement. Malgré cela, la situation n'a pas été améliorée, et des mesures douteuses ont été prises, comme le témoignent les échanges entre la famille et les professeurs. Le jour du décès, la lycéenne avait été convoquée par le chef d'établissement, où il a été rapporté qu'elle a été renvoyée à sa part de responsabilité, une réaction qui a suscité l'étonnement et l'indignation.
Le parquet a ouvert deux enquêtes : l'une pour éclaircir les circonstances de la mort et l'autre pour examiner les faits de harcèlement scolaire qui auraient poussé la jeune fille à cet acte désespéré. Le harcèlement dénoncé pourrait entraîner des sanctions sévères pour les responsables, jusqu'à dix ans d'emprisonnement, selon la législation en vigueur.
Depuis ce drame, la direction de l'établissement reçoit des menaces sur les réseaux sociaux, alimentant une colère qui s'est manifestée par des rassemblements devant le lycée. Il semblerait également que certains des élèves potentiellement impliqués dans le harcèlement subissent des actes de harcèlement à leur tour.
Des experts et militants contre le harcèlement scolaire soulignent l'importance de la sensibilisation et de la prévention au sein des établissements éducatifs. La tragédie de Mitry-Mory pose une question cruciale : que faire pour protéger les enfants et adolescents vulnérables dans nos écoles ?







