La cour d'appel de Bordeaux a récemment statué dans l'affaire tragique de Priscilla Dray, une jeune femme dont la vie a été bouleversée après une grave infection contractée au CHU de Bordeaux. Ce dernier a conduit à des amputations des membres, laissant Priscilla avec des séquelles irréversibles. Les chefs de clinique impliqués, le docteur François Vandenbossche et Martial Dekhili, ont été condamnés pour blessures involontaires.
Pour la première fois, la justice confirme la culpabilité des médecins, avec une amende de 8 000 euros et une peine de prison avec sursis pour Vandenbossche, réduite à six mois. Dekhili, quant à lui, a choisi de ne pas faire appel de sa propre condamnation. Selon le tribunal, l'inattention et la négligence dans la prise en charge de Priscilla ont entraîné des conséquences catastrophiques après une interruption volontaire de grossesse en 2011.
Priscilla présente son récit avec amertume : "Ils ont failli me tuer". Elle souffre depuis plus de quinze ans des conséquences de cette négligence. "Les pratiques médicales sont responsables de mes blessures. Je suis la victime, mais ces médecins continuent à exercer sans remettre en question leurs actions. Ils n'ont pas pris la dimension de leur erreur," a-t-elle déclaré en dehors de l'audience.
Expert en médecine légale, le docteur Jean-Claude Roy souligne l’importance d’une vigilance constante dans les soins médicaux. « Des signaux d’alerte étaient présents, et des mesures auraient dû être prises en urgence. Cette tragédie met en lumière un besoin crucial de formation continue pour les professionnels de santé. »
Priscilla envisage également des poursuites contre l'État pour la lenteur de la procédure judiciaire, qui a duré plus de quatorze ans. Elle n'entend pas en rester là et envisage de déposer une plainte devant le Conseil de l'ordre pour que justice soit rendue. Dans le contexte actuel, cette affaire soulève des questions éthiques sur la responsabilité des soignants et la prise en charge des patients en situation critique.
Il est clair que pour Priscilla, comme pour d'autres victimes de négligences médicales, le chemin vers la réparation est long et semé d'embûches. Et tant que ces questions ne seront pas résolues, les expériences vécues par des patients comme elle continueront de hanter le système de santé.







