Un tribunal sud-coréen a récemment prononcé une peine de cinq ans de prison contre l'ancien président Yoon Suk Yeol, le condamnant pour obstruction à la justice et abus de pouvoir. Cette décision survient un an après une tentative de coup contre le Parlement, événement qui a provoqué une vaste crise politique dans le pays. Bien que la peine infligée soit inférieure à la demande initiale du parquet qui réclamaient dix ans d'emprisonnement, elle témoigne de la gravité des accusations portées contre lui.
L’ancien président, âgé de 65 ans, fait face à un total de sept autres procès. Le plus notable concerne une accusation d'insurrection, qui pourrait le conduire à la peine de mort, une sanction encore en vigueur en Corée du Sud, bien qu'aucune exécution n'ait eu lieu depuis 1997. Le verdict dans cette affaire est attendu le 19 février prochain.
Le jugement rendu par le tribunal central de Séoul s'inscrit dans un contexte de rejet massif de sa tentative d'instaurer la loi martiale en décembre 2024. Le tribunal a déclaré que Yoon avait non seulement manqué à ses obligations constitutionnelles, mais avait également tenté d'exclure des membres du gouvernement d'une réunion essentielle sur cette loi, tout en empêchant les enquêtes contre lui.
Dans un contexte où les tensions politiques sont palpables, un analyste politique a déclaré à France 24 que "cette condamnation pourrait marquer un tournant dans la politique sud-coréenne, rappelant à tous les dirigeants que le respect de la loi est primordial". De plus, après sa destitution par la Cour constitutionnelle, la Corée du Sud a été plongée dans une instabilité politique exacerbée par des mois de manifestations.
Yoon avait justifié l’instauration de la loi martiale par la nécessité de protéger le pays face à des menaces extérieures, notamment celles des "forces communistes nord-coréennes". Cependant, il a fait marche arrière sous la pression, ce qui a ensuite conduit à sa destitution.
Cet enchevêtrement judiciaire ne marque pas seulement la fin de sa présidence, mais alimente aussi des questions sur l’avenir politique des anciens dirigeants sud-coréens, souvent marqués par des scandales et des controverses. Alors que Yoon a sept jours pour faire appel de cette décision, le climat politique doit être surveillé de près, comme l'indiquent plusieurs experts.







