Le tribunal correctionnel de Brest a relaxé Nazim Yenier, poursuivi pour tentative d'extorsion à l'encontre de l'ancien maire François Cuillandre, le 4 mai. Bien que le procureur ait requis une amende de 5 000 euros, dont la moitié avec sursis, les juges n'ont pas suivi cette recommandation.
Cette décision marque un autre revers judiciaire pour François Cuillandre, déjà condamné à deux reprises pour injure publique à caractère raciste. Ces condamnations remontent au mois de septembre 2024 en première instance, et à un an plus tard en appel. En réponse aux accusations portées contre lui, Cuillandre avait récemment demandé l'intervention du procureur suite à un courriel reçu le 17 septembre 2025, proposant une indemnité transactionnelle de 20 000 euros pour régler l'affaire.
Yenier, militant souvent critiqué pour ses inclinations perçues vers l'extrême droite, a été acquitté après une audience d'une heure, où l'ancien maire n'était pas présent. Face aux accusations, Yenier a déclaré : "Je conteste fermement les faits. Ce n'est pas de l'extorsion, mais une simple proposition amiable". Il a également souligné que cette démarche visait à éviter d'avoir à saisir le tribunal administratif pour obtenir réparation.
Une affaire à la croisée des chemins politiques
Au cours du procès, le président du tribunal, Christophe Subts, a interrogé Yenier sur la somme demandée, à laquelle il a répondu avoir tablé sur son préjudice moral et ses frais juridiques. Même si Yenier a déjà perdu une élection municipale, recueillant seulement 3,1 % des voix, il continue à se battre pour redorer son image.
Le procureur Emmanuel Phelippeau a relevé l'absence de preuves d'agressivité dans le dossier : "Objectivement, il n'y a aucune formule agressive ou menaçante", a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que le contexte était délicat, étant donné la proximité des prochaines élections municipales. Le représentant du parquet a évoqué le caractère potentiellement "insidieux" du courriel, mais son réquisitoire n'a pas été convaincant. L'avocat de la défense, Me Pierre Tracol, a affirmé que l'affaire était construite sur des bases fragiles, décrivant le dossier comme "le vide absolu" et parlant d'une mise en scène politique orchestrée dans l'ombre.
Yenier espère désormais rétablir sa réputation au milieu de ce tumulte, affirmant n'avoir jamais eu l'intention de contraindre Quillandre, mais de chercher un arrangement amiable. Pour approfondir ce sujet, des experts s'interrogent sur l'impact de cette affaire sur le paysage politique brestois, alors que des voix s'élèvent pour dénoncer une instrumentalisation de la justice dans la lutte pour le pouvoir local.







