Le gouvernement français a annoncé des changements significatifs concernant les aides à l'embauche d'apprentis, qui entraîneront une réduction de 200 millions d'euros en 2026 et jusqu'à 700 millions d'ici 2027. Ces ajustements concernent principalement les diplômes de l'enseignement supérieur, notamment les BTS et les diplômes d'ingénieur.
Le projet de décret, récemment révélé par Les Echos, indique que l'aide à l'embauche pour un apprenti préparant un BTS sera abaissée à 4 500 euros pour les PME de moins de 250 salariés, et à 1 500 euros pour les plus grandes entreprises. Les aides pour les diplômés en licence, master et ingénieur seront réduites à seulement 2 000 euros pour les petites entreprises et 750 euros pour les plus grandes, une baisse de plus de 50 %.
Une baisse inquiétante pour le secteur éducatif
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a justifié ces mesures en évoquant la nécessité d'une meilleure efficacité budgétaire. Il a souligné que le coût des aides avait atteint des sommets, atteignant 16 milliards d'euros en 2024. "Nous soutiendrons l'emploi des jeunes et les entreprises, mais cette aide doit désormais être alignée sur des objectifs d'efficacité", a-t-il déclaré lors d'une audition à l'Assemblée nationale.
En 2025, l'aide à l'embauche avait déjà été réduite, contribuant à une baisse des embauches de 4,5 % dans le secteur privé. Selon des analyses, le nombre d'apprentis a connu une augmentation fulgurante ces dernières années, de 430 000 en 2017 à plus d'un million en 2023, en grande partie grâce aux incitations gouvernementales.
Des conséquences à long terme sur l'emploi
Des critiques émergent concernant cette décision, certains experts suggérant qu'elle pourrait exacerber le chômage chez les jeunes diplômés, qui font face à de réelles difficultés d'accès au marché du travail. De nombreux acteurs du secteur éducatif s'inquiètent que ces coupes n'affectent pas seulement les établissements d'enseignement supérieur, mais également la compétence des futurs diplômés.
Une analyse de Les Echos indique que les entreprises pourraient bénéficier moins des aides, réduisant ainsi leur capacité à embaucher des talents prometteurs. La question demeure : cette politique d'austérité nuira-t-elle réellement à l'insertion des jeunes sur le marché de travail, ou est-elle une étape nécessaire pour équilibrer les finances publiques ?







