Dans un contexte de tensions avec le monde agricole, la France a récemment opté pour le refus de l'accord commercial avec les pays du Mercosur, risquant ainsi de s'isoler au sein de l'Union européenne. Cette décision, prise en dernière minute, ne résout cependant pas les véritables défis qui entravent la compétitivité agricole française.
« Douce France! » La métaphore du coq gaulois, symbolisé par une agriculture fière et résiliente, semble judicieuse mais se confronte à la réalité des chiffres. L’Union européenne est actuellement sur le point de ratifier cet accord, et dans cette bataille, Paris a su obtenir des concessions pour protéger certains secteurs fragiles. Cependant, dans un élan d'hésitation et par crainte de mécontenter les agriculteurs, le gouvernement a fini par se positionner contre cet accord, une première dans l’histoire moderne des institutions communautaires. Cette décision, notent des experts, pourrait miner les intérêts français au sein des instances européennes (source : Les Échos).
Un accord avec des opportunités
Certains secteurs pourraient néanmoins tirer parti de cet accord, particulièrement ceux des vins, spiritueux et produits laitiers. L'expérience du CETA avec le Canada, initialement critiquée, démontre qu'une intégration commerciale peut aboutir à des résultats positifs : l'excédent agro-alimentaire français avec le Canada a triplé, accentuant l'importance d'une main d'œuvre compétitive et innovante dans le secteur.
La France sur la défensive
La situation est par ailleurs exacerbée par une vision défensive adoptée par la France. Alors que le pays semble accuser l’Europe et le Mercosur de tous les maux, il demeure essentiel de reconnaître que le véritable problème réside dans le déclin de sa compétitivité agricole et les échecs persistants à s’adapter aux évolutions du marché. Un rapport récent de l’INSEE indique que le déficit de la balance commerciale agro-alimentaire ne fait qu’augmenter, illustrant la nécessité de repenser la stratégie de l'agriculture française (source : INSEE).
Il est urgent d'ouvrir la discussion sur les nouveaux paradigmes à adopter pour dynamiser ce secteur vital. Comme l’affirme un expert de l’agriculture, « la France doit apprendre à naviguer entre la protection de ses agriculteurs et l’ouverture sur le monde ».
Alors que le pays ressent les effets d'un agriculture en mutation, l’heure est à la réflexion sur son avenir : protéger les acquis est une chose, mais innover et s’adapter à de nouvelles réalités en est une autre. La France, au risque de s’enfermer dans ses certitudes, doit embrasser le changement pour assurer la pérennité de son agriculture.







