Près de 50 % des cheminots participent à un mouvement de grève de 24 heures, visant à obtenir un moratoire sur la filialisation de la SNCF ainsi qu'une hausse des salaires, selon la CGT, l'un des principaux syndicats mobilisés.
Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminots, a déclaré que "pratiquement un cheminot sur deux" était mobilisé, lors d'un rassemblement à la gare du Nord à Paris. Il a souligné la forte participation, notamment dans les nouvelles filiales, avec 90 % de grévistes à Sud Azur (Paca) et entre 75 et 80 % à Loire Océan.
Le groupe SNCF ne communique pas de données précises sur la participation à la grève. Cependant, SNCF Voyageurs indique que le trafic est largement perturbé, avec un TGV sur trois annulé et moitié des trains Intercités supprimés.
Les quatre principaux syndicats — CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots — demandent un moratoire sur l'ouverture à la concurrence qui menace l'entreprise, ainsi qu'une revalorisation des salaires face à l'inflation omniprésente.
À la gare de Marseille Saint-Charles, haut-lieu de la concurrence ferroviaire, les perturbations étaient assez limitées. Cette gare a commencé à accueillir depuis 2025 les services de Trenitalia, rendant la situation encore plus délicate pour SNCF.
Bernard, un enseignant en retraite, a qualifié la grève de "légitime". "L'état du service public ferroviaire m'alarme, il est presque inexistant...", a-t-il confié en se rendant à Nice à bord d'un train Transdev.
À Lille Flandres, Nathalie, 62 ans, exprime également son mécontentement : "Je paie 150 euros par mois pour un service qui décline... Nous voulons simplement des trains fiables et propres pour nous rendre au travail".
À Paris, la gare Montparnasse présentait des halls inhabituellement vides. Les voyageurs ont eu des informations sur l'annulation de plusieurs trains, un événement qui a dérouté certains, comme Nicolas Gagnez, qui s'est exclamé : "C'est un miracle, mon TGV est maintenu !"
Pour les utilisateurs de trains régionaux, la situation s'avère compliquée, les annulations n'étant pas toujours bien affichées sur les applications mobiles.
Les grévistes s'opposent également aux nouvelles créées au sein de la SNCF, perçues comme préjudiciables pour les employés. Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué, a reconnu que cette transformation est "majeure", tout en tentant d'assurer une transition douce pour les employés concernés.
Cependant, selon les syndicats, cette réforme risque de répéter les tragédies vécues chez France Telecom, avec plusieurs suicides signalés à la SNCF. La direction affirme néanmoins qu’aucun employé en difficulté ne fait partie des entités nouvellement ouvertes à la concurrence.







