Des services perturbés et des quais de gare presque vides caractérisent ce mercredi en France, alors qu'une grève de 24 heures a été décrétée par quatre syndicats de la SNCF en opposition à la filialisation de l'entreprise publique. Selon des informations de SNCF Voyageurs relayées par l'AFP, le trafic est conforme aux prévisions, avec un tiers des TGV annulés et 50% des trains Intercités supprimés.
À la gare Montparnasse à Paris, où une journaliste de l'AFP a constaté une affluence réduite, de nombreux voyageurs ont été informés des annulations et ont dû reprogrammer leurs trajets. "C'est un miracle, mon TGV a été maintenu", s'est exclamé Nicolas Gagnez, un chef d'entreprise en route vers un séminaire à Vannes.
Cependant, la situation est bien plus compliquée pour les usagers des trains régionaux sans réservations. Prunelle Traore, étudiante en droit, s'est retrouvée bloquée sur le quai, inquiète de rater son stage. Idem pour Nicolas Agelisas à la gare de Mérignac, près de Bordeaux, où il s'interroge sur l'absence de trains en dépit des annonces contradictoires sur les applications.
Les syndicats derrière cette grève – CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots – réclament un moratoire sur l'ouverture à la concurrence du secteur, ainsi que des augmentations de salaires pour compenser l'inflation. Ils s'opposent vigoureusement à la création de filiales qui exploiteraient des lignes de train, une mesure jugée préjudiciable pour les salariés, selon Julien Delion, conducteur à la SNCF.
Jean-Aimé Mougenot, directeur chez SNCF Voyageurs, a confirmé que 27 000 travailleurs pourraient être affectés par ces changements. “C'est une transformation interne majeure”, a-t-il reconnu, tout en assurant que l'entreprise met tout en œuvre pour minimiser les impacts.
Les syndicats évoquent une situation alarmante, faisant le parallèle avec les précédents troubles rencontrés par des entreprises publiques comme France Telecom. Les conséquences de cette transformation sur les conditions de travail sont une source d'angoisse avérée, avec déjà 13 suicides signalés à la SNCF depuis 2026. Malgré ces inquiétudes, la direction assure qu'aucun salarié concerné n'est actuellement exposé à des risques de transfert.







