La nouvelle est indéniable : les Français, avec des économies qui dépassent les 6.590,5 milliards d'euros, continuent à accumuler de l'argent. Ce montant, qui inclut dépôts, livrets et actions, a grimpé de 48 % au cours des dix dernières années, représentant désormais près du double de la dette publique du pays, évaluée à 3.460,5 milliards d'euros.
Philippe Crevel, économiste et directeur général du Cercle de l'Épargne, souligne : "Cette progression ne provient pas seulement des effets de valorisation boursière. Sur les 175,2 milliards d’euros supplémentaires enregistrés en 2025, 128,4 milliards résultent directement de nouveaux flux d’épargne financière."
Ce constat met en lumière une spécificité française : en 2025, le taux d’épargne des ménages a atteint 18 %, largement supérieur à la moyenne de la zone euro (14,9 %). Ce phénomène témoigne d'une forte capacité d’épargne mais aussi d'une inquiétude persistante face aux incertitudes économiques.
Les livrets réglementés en déclin
Dans le panorama des placements, l'assurance-vie reste le favori des Français avec 1.570,6 milliards d'euros. En revanche, les livrets réglementés comme le Livret A sont en perte de vitesse, enregistrant un recul de 8,2 milliards d'euros, en raison de la baisse de leur rendement. Philippe Crevel nous rappelle que cette recherche de sécurité est ancrée dans la culture financière française, malgré un léger mouvement vers une diversification des actifs.
Un patrimoine à faible rendement
Alors que Rexecode révise à la baisse l'idée d'une ''fuite de l'épargne'', ils mettent en avant la problématique majeure : les Français privilégient des investissements à faible rendement, limitant ainsi leur patrimoine productif. Les ménages français possèdent une part relativement faible d'actions dans leur portefeuille, se contentant majoritairement de dépôts et d'assurance-vie.
Rexecode précise que si le patrimoine des Français correspondait à celui des Américains, il serait presque deux fois plus élevé.
Ce paradoxe soulève la question des freins à l'investissement en France, tels que la fiscalité, l'éducation financière ou encore des stratégies de marketing peu incitatives de la part du secteur financier. Comme l'affirme Rexecode, l'aversion au risque des Français est comparable à la moyenne internationale, mais des particularités culturelles et réglementaires jouent un rôle clé.







