Sauf retournement de situation, Alexandre Bompard devrait reconduire son contrat pour trois années supplémentaires à la tête de Carrefour. Les actionnaires, réunis en assemblée générale, examineront sa prolongation ce vendredi.
Comme l'an passé, cette rencontre se tiendra au siège du groupe à Massy, au sud de Paris, une adresse qui a remplacé les docks d'Aubervilliers pour l'événement. La confirmation de Bompard jusqu'en 2026 avait été anticipée en juillet dernier, suite à un vote unanime du conseil d'administration.
Entre-temps, Carrefour a vu des changements notables dans son actionnariat, notamment l'entrée de Rodolphe Saadé, et a présenté un plan stratégique vers 2030, axé sur le secteur frais et l'utilisation de l'intelligence artificielle. Le titre de l'entreprise continue de fluctuer, se stabilisant autour de 17 euros après avoir atteint un plancher historique de 11 euros en 2023.
Sur le plan judiciaire, Carrefour a remporté des victoires récentes. Une mission judiciaire dirigée par un collectif de franchisés, avec le soutien du gouvernement, a échoué dans sa tentative de poursuivre la maison mère, comme rapporté par l'AFP. Par ailleurs, la CFDT a perdu un procès l'an dernier concernant les conventions de location-gérance, que le syndicat critique en le qualifiant de "plan social déguisé".
Pour l'année à venir, Carrefour prévoit de transférer près de cinquante magasins vers un modèle de location-gérance, y compris d'anciens hypermarchés Cora acquis en 2024. Ces situations particulières seront abordées lors de l'assemblée, selon plusieurs représentants syndicaux.
Lors d'une interview accordée au Parisien, Bompard a défendu un modèle qu'il considère comme salvateur pour de nombreux magasins en difficulté, affirmant : "Cela fait neuf ans que je suis ici et nous n'en avons fermé aucun".
La récente escalade des tensions au Moyen-Orient, ainsi qu'une enquête parlementaire critiquant les marges de la grande distribution, devraient également susciter des débats lors de la réunion. De plus, la rémunération de Bompard, déjà controversée, sera examinée. Si les actionnaires approuvent, il percevra 3,5 millions d'euros pour 2025, soit une augmentation de 100 000 euros par rapport à l'année précédente. À cela s'ajouteront des actions pouvant atteindre une valeur maximale de 5,6 millions d'euros, conditionnées par des critères de performance.
Enfin, selon le document d'enregistrement universel, Alexandre Bompard détient actuellement 1,5 million d'actions Carrefour, illustrant ainsi son engagement envers la société qu'il dirige.







