Emmanuel Macron avait prévu d'annoncer ce vendredi 22 mai un investissement supplémentaire de 1,55 milliard d'euros pour soutenir le secteur des technologies quantiques et des semi-conducteurs, un geste stratégique face à la poussée américaine et chinoise dans ces domaines cruciaux.
Selon l'Élysée, ce montant se décompose en un milliard d'euros destinés au plan quantique, provenant du programme d’investissements France 2030. Accompagné de cette annonce, le président de la République doit aussi confirmer l'engagement de 550 millions d'euros dans un futur programme européen consacré aux semi-conducteurs, qui sont essentiels pour le développement de l’intelligence artificielle.
Ces nouvelles financements s'ajoutent à un plan quantique de 1,8 milliard d'euros couvrant la période 2021-2025, qui sera renforcé en 2024 par une allocation de 500 millions d'euros pour soutenir la commande publique dans le secteur de la défense. Concernant les semi-conducteurs, ces dernières annonces viennent faire écho à une stratégie nationale lancée en 2022, mobilisant déjà 5,5 milliards d'euros dans ce domaine, tous engagements confondus.
Le chef de l’État a programmé une intervention en milieu de journée, lors de la clôture d'un Forum européen dédié à la puissance de calcul et aux technologies quantiques, après avoir visité l’ordinateur quantique photonique Lucy. De plus, des acteurs privés de ces filières devraient également annoncer des collaborations ou des investissements pendant cet événement.
Les technologies quantiques, encore en phase expérimentale, ont le potentiel de résoudre des problèmes trop complexes pour les ordinateurs contemporains. L’Élysée a souligné que Macron insistera sur la nécessité d’une stratégie européenne plus dynamique dans ce domaine.
« Accélération mondiale »
Une conseillère présidentielle a souligné : « Nous observons une accélération mondiale des blocs de puissance, notamment de la part des États-Unis et de la Chine. L’effort national en cours n’a de sens qu’au sein d'une stratégie européenne ». Elle a également fait valoir qu'il est impératif d’être plus proactif au niveau européen, notamment dans le cadre du budget de l'Union européenne 2028-2034, actuellement en cours de discussion.
Macron plaidait pour « un emprunt européen pour la recherche et l’innovation » dans les technologies critiques, bien que ses précédentes demandes aient rencontré l'opposition de certains pays, dont l’Allemagne. Le président va également inviter les organismes de recherche français (CEA, CNRS, INRIA) à créer une coalition européenne, visant à rassembler des experts en recherche et technologie.
Cette stratégie devrait, à terme, promouvoir une « préférence européenne », permettant de soutenir les technologies développées sur le continent, notamment à travers les achats publics. Emmanuel Macron souhaite faire de cette mobilisation un axe central de sa présidence, afin d'assurer une plus grande souveraineté et indépendance pour l'Europe.
Sur le plan international, une réunion des ministres du numérique du G7 est prévue pour le 29 mai à Paris, en prélude d’un sommet qui rassemblera les dirigeants des principales puissances économiques en juin dans les Alpes françaises.







