Si certains cimetières, célèbres pour leurs illustres occupants, attirent des visiteurs en masse, d'autres, plus discrets, cachent des histoires captivantes. C'est le cas du cimetière de Dinan, où se trouve un tombeau partagé par deux femmes, Yvonne Jean-Haffen et Frances McCallum, qui ne se sont jamais rencontrées et ne sont pas de la même famille.
Ces deux femmes reposent dans le même caveau, unissant leurs destins dans la mort alors qu’elles n’avaient aucun lien de vie. Leur point commun ? Une propriété surplombant la Rance, la Grande Vigne. Tout a commencé il y a une décennie, lorsque Yvonne Jean-Haffen, artiste et femme d'affaires, découvre cette demeure.
Frances McCallum, ancienne propriétaire, a habité la maison jusqu'à sa mort en 1932. Cinq ans plus tard, Yvonne, visitant les lieux, se laisse séduire par le charme de la propriété.
Alix de Saint-Mars, membre de l’association "Les amis du musée Yvonne Jean-Haffen", raconte : "Elle découvre un jardin luxuriant qui lui parle, un endroit magique. Pour elle, c’était un véritable coup de foudre." La maison, perchée au-dessus de la Rance, peut être considérée comme un écrin mémorable.
En achetant la maison, Yvonne acquiert également plusieurs objets ayant appartenu à Frances, dont un piano et une longue-vue. En s’installant ici, elle s’immerge dans la vie de son ancêtre spirituel, découvrant ainsi des soirées musicales animées par le frère de Frances, Charles Coburn.
Une amitié éternelle
Progressivement, une amitié posthume se tisse entre les deux femmes. Chaque année, Yvonne fleurit la tombe de Frances, témoignant d'un respect et d'une affection sincères. C'est presque comme si les récoltes du jardin servaient d'offrandes à une âme sœur.
À la fin de sa vie, Yvonne souhaiterait être enterrée dans le même caveau, un souhait exaucé qui témoigne de l'importance de Frances dans son existence.
Ce lien unique est mis en lumière par Véronique Orain, présidente de l'association. Elle souligne que ces "deux femmes, qui ont pris leur vie en main, se retrouvent unies en pensée de leur vivant et de manière tangible à leur mort". L'histoire de Yvonne et Frances est ainsi transformée en un vrai symbole de l'amitié féminine.
Une histoire touchante et presque féministe qui résume leur relation, liant ces deux dames pour l’éternité.







