Une nouvelle étude de Santé publique France (SpF) dévoile que les professionnels du bâtiment et des travaux publics (BTP) sont trois à dix fois plus exposés aux nuisances sonores et aux polluants que leurs homologues d'autres secteurs. Avec près de 1,5 million de salariés, le BTP a enregistré entre 2019 et 2022 environ 15 % des accidents entraînant un arrêt de travail et 20 % des décès liés à des accidents du travail.
Cette analyse, présentée comme la plus exhaustive à ce jour, inclut également les travailleurs non salariés, comme les artisans et les micro-entrepreneurs, qui représentent 23 % de la main-d'œuvre du BTP, comparé à seulement 9 % dans d'autres secteurs non agricoles. Elle prend aussi en compte les intérimaires, qui sont souvent négligés dans ce type d'évaluation.
Les résultats indiquent que plus de 60 % des travailleurs du BTP sont exposés au bruit, tandis que 39 % sont en contact avec des poussières de silice. D'autres risques notables incluent l'exposition aux laines minérales (30 %), aux solvants pétroliers (près de 13 %) et aux poussières de bois (8 %). En revanche, ils sont deux fois moins souvent exposés au travail de nuit, selon les conclusions de l'étude.
Dans un environnement où les risques d'accidents et de maladies professionnelles sont élevés, les niveaux préoccupants d'exposition au bruit et aux poussières de silice soulignent l'urgence de mesures préventives adaptées. SpF note que 90 % des travailleurs du BTP sont des hommes, ajoutant une couche de vulnérabilité à cette population déjà sous surveillance.
L’étude propose également une orientation pour la recherche future, notamment concernant les 79 000 intérimaires dans le secteur, souvent peu étudiés malgré leur nombre croissant. Pour SpF, il est crucial de diriger les efforts de santé au travail vers les catégories les plus à risque, notamment les artisans, ainsi que les ouvriers qualifiés et non qualifiés. La réduction de cette exposition nocive devient ainsi un enjeu majeur pour la santé publique.
Pour donner un contexte à ces enjeux, en 2023, la France a enregistré 76 800 accidents du travail, 149 décès et plus de 6 900 maladies professionnelles reconnues, renforçant l'importance d'agir rapidement.







